La plénitude sous la mer.

DSCF2042DSCF2028Quand la nuit achève sa course, léchant de son bleu profond la surface de l’océan, le monde sous la mer se réveille dans le silence des apnées qui l’écoutent.

Les bruits s’effacent sous le regard d’un premier rayon de bronze qui teinte la transparence de l’eau des nuances de l’or pur.

Nager comme danser, loin de la terre ferme, pour à peine effleurer la tranquillité de l’onde au sortir de la nuit quand les tropiques offrent leurs richesses.

Une tortue pointe son museau délicat pour qu’un ultime  souffle d’air accompagne le plongeur qui la rejoint dans les profondeurs, DSCF1857une valse palmée comme une communion. Virevolter au gré de sa nage tranquille, carapace qui remonte, descend et se pose soudain sur un lit de corail pour une peinture qui garde ses mystères. Son oeil confiant dans le respect  qu’elle a su déceler, appelle la lenteur qui permet la rencontre.

Là, juste à côté, sort des brumes du sommeil, les plumes déployées de celui qui cache sous sa beauté un piquant acéré au poison fulgurant. Il vole sous la table napée de mauve qui le protége de ses faiblesses.

Trois farfadets, or et sombre, font leur premier sourire, espiègles et taquins, entre les lianes mouvantes de leur protectrice attitrée. Jeu de masques qui s’embrassent et se repoussent, éloignant le géant qui les regarde par besoin de l’air, dont eux ont le secret. La fascination est à la porte de laDSCF2098 grotte qui s’ouvre sur un noir d’encre, gardant entre ses parois ceux qui ne veulent se confier. Ils oscillent, immenses ou minuscules, sans que jamais leur corps ne se livre. La violence de leurs couleurs est autant de lueurs dans l’obscurité, avant que le regard trouve son dernier souffle au sortir du tunnel.

Perché loin au dessus des fonds, le repos suit l’aigle des profondeurs qui a déployé ses ailes, en quittant le sable qui le retenait enfoui. Apnées répétées, fluides  comme un entrechat pour pourfendre les eaux, elles gardent dans le silence le respect de ce monde.

CONTE et POESIE

Photo de Florence.Les contes traversent l’Histoire entre frayeurs et douceurs, celles dont l’enfant à besoin pour se construire. Ils diffèrent d’une culture à l’autre, d’un pays à l’autre, au gré des années,  mais ils n’ont jamais quitté la mémoire collective. La grand-mère, le grand-père, au coin du feu, ne sont pas une légende, c’est eux qui racontaient à l’enfant ces mots, ces phrases, qui remplissaient sa soif d’émotion et de savoir. Parce que l’enfant a besoin de rester sur le fil de l’existence entre rêves et réalités avant de plonger dans le concret, armé des nuances que lui auront donné les contes. Le besoin de se reconnaître entre nous est fait pour une part de cette mémoire qui  doit se remplir des mêmes histoires pour tous.

La poésie, elle, n’est pas toujours celle que l’on croit, et que les enfants ne savent plus lire ou comprendre. Il est aussi poésie, le rythme des mots qui s’enchaînent pour que la musicalité de la voix qui les récite, berce sa sensibilité qui grandit. L’enfant ne la reçoit pas avec obligation de la comprendre. Avant tout, son écoute est pleine et suffisante, dès sa naissance, avant de voir le jour où la compréhension le surprendra, sans même qu’il l’ait voulu.

Il est un devoir de garder cette musique qui naît des poèmes, des récits, qui se veulent articulés entre beauté des mots et beauté des liaisons qui ne heurtent pas son oreille sensible, et développent sa capacité à emmagasiner toute une panoplie d’harmoniques. De cette capacité naitra son désir de s’en nourrir adulte, et de perpétuer à son tour ce savoir.

Longtemps, point n’était question d’enfants défavorisés, tous avaient encore en commun ce savoir simple que les parents et l’école leurs transmettaient. Aux Philippines, les enfants connaissent tous le chant et le son de la guitare, pourtant l’école ou le confort d’une maison leurs sont souvent étranger.

Alors ne nous enlisons plus dans les fausses excuses, éloignons nous de ces récits qui se mettent au parfum d’un langage qu’ils adoptent, faute de leur avoir proposé autre chose.

Que les poèmes se réapprennent par coeur, ceux que les parents pourront aimer en même temps qu’eux . Ceux qui ont gardé le rêve et la musique de leurs phrases , loin de la violence d’un son qui heurte. Ceux qui sont notre transmission culturelle au travers des générations.

ENFANT : qu’avons nous fait de toi ?

P1030186Enfant, nous l’avons tous été et pourtant les élever reste d’une complexité qui nous laisse bien souvent démuni.

Utiliser notre mémoire de chaque année vécue devrait nous donner les clés de la compréhension de ce petit bout d’être qui est le nôtre, à notre image, et cependant différent. Que s’est-il passé entre eux et nous pour que nous devenions à ce point inadaptés à leurs attentes ? Quant est-il de la nécessité d’emphatie vis à vis d’eux, puisqu’elle revêt forcément le risque de ne pas leur donner les repères, les valeurs, les barrières, nécessaires à leur sécurité, et leur futur comportement face à la vie. Un risque que l’on ne sait plus prendre qui naît de la peur de leur léguer la douleur que nous avons eu dans l’enfance, et qui laisse sa trace dans notre inconscient.

Alors se pose la question : doit-on les comprendre, ou doit-on se fermer à leur désirs et leur sensibilité, qui restent leur manière presque animale d’appréhender le monde pour grandir ?

Nos ancêtres ne s’encombraient pas de les entendre, adoptant rigueur et conformisme, de génération en génération, sans changement profond. Il est loin aujourd’hui ce schéma que les Américains, les premiers, ont cassé par soucis de voir dans l’enfant un être pensant, doué de ses propres réactions, voire de choix intelligents. Bien sûr, ils avaient raisons, mais qu’en avons- nous fait, sauf de leur inventer de jour en jour plus de protection de tout, par soucis de leurs ôter la douleur ?

Comment s’y retrouver entre : écoute, tendresse, protection, devant les épreuves que l’on ne veut plus leurs infliger petit, et l’obligation de les mener armés vers un monde qui lui est resté dur ? Car les épreuves jalonneront leur vie d’adulte, elles sont incontournables et liées sans condition au bien et mal qui depuis la nuit des temps sont le propre de l’homme, sans qu’il ait réussi à trouver la sagesse suffisante pour les équilibrer.

Les pays industrialisés, dès la moitié du vingtième siècle, se sont basés sur la psychanalyse et la recherche sur le fétus pour asseoir des théories d’éducation. Ces sociétés ont instauré à leur service, années après années, des choix d’éducation basés sur la protection du risque, et la réponse matérielle, oubliant de plus en plus le spirituel. Elles ne pouvaient que se fourvoyer puisque dans le même temps la profondeur de l’équilibre de l’être humain n’avait pas évoluée.

Pour qu’un tel schéma soit efficace, il faudrait la sagesse de chacun, et de ce point de vue les progrès sont absents dans nos sociétés .

La vraie question : n’est-ce pas celle de l’équilibre entre le bien et le mal, la mort, la vie, dont nous sommes tous investis ? Cet  équilibre, qui ne se trouve que dans le spirituel au sens large, trop peu s’emploie à le trouver. Une grande majorité vit sous l’emprise de ce conflit naturel avec aveuglement, en compensant le manque de réponse par le matériel.

Alors l’enfant subit la fracture entre le progrès technique galopant, la connaissance plus qu’approfondie de son fonctionnement, et l’ignorance, voire la négation, du peu de changement de notre comportement naturel et profond. Comment s’étonner de son malaise et son inadaptation ? Il nous appartient d’accepter, avant qu’il ne soit trop tard, de revenir vers la prise de risque, un moindre confort matériel, et une réponse spirituelle à leur offrir. Ouvrons la porte aux philosophes, les vrais, ceux qui adoptent un langage humaniste, compréhensible par tous, y compris l’enfant .

Maître nature

Sans ombre la lumière meurt !
Sans ombre la lumière s'éteint

Maître nature nous rappelle à l’ordre, il est et reste le plus fort, celui qui s’impose parfois pour nous dire : soyez humble, quittez l’orgueil qui vous conduit au bord de la faillite d’un monde dont vous vous réclamez, sans plus savoir le respecter.

Maître nature vous dit combien en d’autres contrées ils savent et n’oublient jamais la valeur réelle de la vie. Eux restent solidaires, eux gardent la main tendue, eux connaissent le prix du jour qui se vit dans la joie. Comment faites-vous pour vous réclamer de la fin des risques, la fin des déboires, la fin des épreuves, quand ce sont elles qui vous apportent la sensation de bonheur et d’existence dont vous continuez de vous décrier. Plaintes, gémissements, désespérance, sont les maux des sociétés qui partent à la dérive, et pourtant, ce sont elles qui se complaisent entre les murs de la sécurité, refusant plus que jamais de le voir s’écrouler.

Sans risque, sans le rappel de forces qui nous dépassent, et nous fait prendre conscience du prix de la vie, nous ne pouvons trouver cette sensation d’existence, et rester positif envers les jours qui imposent leur combat.

Avant d’être sage, l’homme ne pourra jamais trouver sa confiance dans un lit de plume. Seule la rudesse lui donnera ce qu’il réclame, au contraire de la facilité.

Alors le jour où maître nature se manifeste il faut savoir lui dire merci.

MASTER NATURE

Mother nature has her way of reminding us she has the will and the way of power over us, and who, from time to time, imposes her way of saying; be humble, leave aside your arrogance, leading you to the border of bankruptcy of a world you claim to be yours, but with no longer giving it respect.

Mother nature, you say how much, in other countries they detain the know how, never forgetting the real values of life. They stay jointly responsible, they hold out their hands towards each other, they know the value of a day being lived in joy.

How do you set about to, clamour the end of risks, the end of setbacks, the end of ordeals which you continue to belittle., when it’s those very same things which give you the sensation of happiness, of existence.

Complaints, moans, desperateness are the hurts of societies who are drifting apart and yet it’s these very societies who take pleasure in-between the walls of security, refusing to see they are crumbling, more than ever.

Without risk, without the will and the way of strength to overpower us, making us realise the price of life, we cannot find that sensation of existence and stay positive towards the battle of each day. Before wisdom is achieved, man can never find his confidence on a silver plate. Only the toughness of hard times, will give him that which he claims.

So yes, when next time mother nature manifests herself, remember to say THANKYOU !