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    IL ETAIT UNE FOIS 7

    Photo inde florence, enfants des rues

    JARABI

    La petite fille attendait en rang de rentrer dans la classe pour le cours d’histoire. Elle avait grandit plus vite que les autres et sa taille dominait, malgré ses un an de moins. Ce matin la, l’histoire prenait des allures d’Henry IV, ne voulant plus lui restituer l’édit de Nantes qu’elle revoyait écrit à la page cinquante de son cahier.

    Ses pensées voyageaient loin de la classe et ses murs tristes, rejoignant son grenier où l’attendait le petit garçon, et les animaux morts qu’elle continuait de disséquer pour comprendre comment c’était dans leur corps, et dans le sien. Mais elle n’oubliait jamais de les enterrer en cachette dans le parc quand elle avait fini : des toutes petites tombes pour que personne ne les voit.

    Ce soir là, Ondine chantait avec des voiles de rideaux pour cacher ses cheveux trop courts que sa mère coupait toujours : elle s’inventait belle pour emmener le petit garçon dans ses rêves. Des rêves entre la mer et l’étang où elle partait parfois la nuit pour s’y baigner et dormir dans les grandes herbes.

    Elle avait treize ans et son coeur vibrait des paroles de Shakespeare pour que le petit garçon lui récite la lune quand elle brille sur l’eau.

    Le château ignorait toujours ses secrets et les mots qu’elle s’était mise à écrire, enfermés dans sa boite à trésor.

    Tout plein de mots pour raconter ce que personne ne voulait entendre et ceux pour Monsieur le  Chêne qui venait de la quitter.

    C’était un soir où le vent s’était mis à souffler très fort, si fort que les ardoises étaient tombées.

    Elle entendait grincer ses branches depuis son lit où l’orage la gardait les yeux grand ouvert, entre éclairs et tonnerre.

    Une tempête aussi grosse que sa peur de le perdre, parce qu’elle avait encore tout plein de questions depuis qu’il lui avait promis de raconter les Arts florissants, ceux après le Haut Moyen Age.

    Elle était sortie dans le parc en courant, son coeur remplit d’amour: elle entendit son tronc craquer et vit sa cime se coucher, ouvrant ses bras pour adoucir sa chute.

    Assise sous la pluie torrentielle, elle entendait une dernière fois ses paroles au milieu de ses larmes :

    -ne m’abandonnez pas Monsieur le Chêne

    -Soit courageuse petit fille, tu le sais que je serais dans tes pensées chaque fois que tu le voudras.

    Bientôt tu partiras du Château pour apprendre encore et découvrir le monde.

    Alors tu trouveras ceux qui croiseront ta route pour t’offrir aussi des moments d’amour.

    Tu sais petit fille, un jour le petit garçon de tes rêves sera peut-être l’homme que tu rencontreras, et qui te guidera loin des interrogations.

    Mon âge est grand petite fille, aussi grand que toutes les nuits et les jours où je t’ai parlée qui t’accompagneront.

    Ne soit pas triste, car cette heure est celle de mon repos.

    Elle était restée jusqu’au matin, où le lever du jour avait enfin apporté le calme, et la promesse du bonheur.

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