RSS .92| RSS 2.0| ATOM 0.3
  • Home
  • A propos de l’auteur !
  • Press, commentaires des lecteurs.
  •  

    IL ETAIT UNE FOIS: 5

    Photo de Florence, inde rickshauLa petite fille ne dormait pas beaucoup et son sommeil était souvent peuplé de cauchemars : un monde qui racontait des catastrophes, des tremblements de terre, des volcans qui engloutissaient les enfants qu’elle entendait crier et pleurer.

    Mais ce matin la, sa mésange est venue chanter sur sa fenêtre, alors elle sait que son chêne pense à elle. Vite se lever et sauter dans sa jupe plissée, obligée par les soeurs. La  biche brame dans sa tête, un poème pour la maitresse qui défile depuis la veille parce que la mère cherche son petit faon et qu’elle la voit dans la forêt.

    Mais quand elle s’assoie au bureau, c’est de dictée qu’il est question et la petite fille oublie le rythme et la musique des mots : la peur surgit des fautes et l’encre ne veut pas dessiner les phrases si belles qu’elle se récite depuis hier. Le zéro pointe son nez comme toujours, mais elle sait que le calcul viendra la sauver. Elle aime les chiffres , jouer avec , les mélanger dans tous les sens. Les nombres la protègent de penser aux interrogations qui encombrent ses pensées sans  réponse.

    La journée est passée très vite pour la laisser courir vers son chêne tout juste rentrée de l’école avec ses frères et sa soeur. Il pleut ce jour la , elle aime la pluie sur son visage et ses cheveux : la pluie qui lave tout et ses larmes, pour rire et rire encore en parlant aux oiseaux qui deviennent des petites boules de plumes sous les branches . Sa mésange est déjà perchée dans le tronc de son arbre pour écouter comme la petite fille la sagesse du grand chêne.

    -Bonjour Monsieur le Chêne, comment allez vous ?

    -Bien petite fille, mais tu sais je suis très vieux , ma vie ne durera pas longtemps.

    -Vous ne mourrez jamais Monsieur le Chêne et j’interdis au jardinier de couper vos branches. Vous êtes mon seul ami à qui je peux tout dire : j’ai encore fait plein de fautes ce matin, plus capable de me souvenir du poème quand je suis à l’école. Les vilaines, elles avaient mis du buvard dans l’encrier pour que je fasse des taches et soient punie encore.

    Pourtant monsieur le chêne, j’aime dessiner les mots avec ma plume : ils me font rêver des décorations sur la bible de mon père. C’est beau les rouges , les ors, autour des lettres toutes noires.

    -Ne t’inquiète pas petite fille, trace ces lignes que tu aimes et un jour elles deviendront aussi belles que ce que tu as vu sur la bible.Tu sais les moines quand j’étais jeune, ils restaient toute la journée assis près des grandes vitres des abayes pour recopier les phrases avec ce que tu appelles décorations  et que l’ont nome enluminures. C’était leur travail de transcrire la parole de Jésus et des apôtres sur des grands livres et c’est pourquoi on les nommait les moines copistes. Tu vas sourire petite fille parce que leurs doigts aussi étaient toujours taché d’encre, comme toi. Et comme toi, ils dormaient peu et commençait leur journée en chantant dans le réfectoire de l’abbatiale. Ta voix est aussi grave que la leur et leur chant grégorien.

    -C’est quoi Monsieur le chêne un chant grégorien ?

    -Ce sont des polyphonies , c’est à dire plusieurs voix différentes qui se mélangent pour donner un chant ensemble. Les moines petites filles, ils chantent toujours ensemble parce que la musique c’est un partage avec les autres, comme un cadeau. La musique, tu le sens petite fille qu’elle resonne dans ton coeur et ton corps, c’est pour te faire du bien aussi tu sais, car elle libère les pensées que tu as dans ta tête, pour qu’elles coulent tranquillement, comme la rivière de la foret.

    -Comme la mer aussi Monsieur le Chene ?

    -Cela dépend petite fille si la mer est calme ou si la tempête est la avec ses grosses vagues.

    -J’aime la tempête Monsieur le Chêne : l’été, quand on part en Bretagne avec ma famille , je plonge dans les grosses vagues et je reste dans les rochers pour être arrosée. J’aime quand la mer elle est furieuse, parce que les adultes ils ont peur d’elle, c’est comme si elle me défendait, comme si elle vengeait le mal qu’ils me font. C’est bien quand la mer se fache parce que c’est le seul moment où c’est eux qui ont peur et pas moi.

    Vous savez Monsieur le Chene, je les regarde autour de la table quand ils sont nombreux, et j’observe celui ou celle qui serait le méchant si c’était la guerre. Je sais qui est capable d’être affreux, parce que j’entend tout ce qu’ils ne disent pas, et qui est dans leur coeur. Mais je ne ne dis rien parce qu’ils ne me croiraient pas. Il n’y a qu’à vous et au petit garçon que je peux parler de tout.

    La petite souris aussi je peux lui parler, je l’ai sauvé du jardinier méchant qui tue les souris et les taupes. C’est un bébé mulot alors je l’ai mis au chaud dans une boite en carton pleine de coton. Je lui donne du lait avec le biberon de ma poupé,  et il aime bien le lait puisqu’il s’endort chaque fois.

    Les animaux qui sont morts dans le jardin, eux je les garde pour regarder dans leur ventre et leur tête comment c’est fait, comme Ambroise Paré que j’ai lu dans un vieux livre de mon père. Lui aussi il regardait dans le corps des morts pour apprendre. Mais monsieur le Chene, ça ne m’apprend pas ce qui se passe après la mort, puisque le corps devient de la poussière.

    - Oui petite fille je sais mais continue de lire la bible et de comprendre que les soeurs te disent ce qu’elles peuvent te dire, mais elles ne sont pas Jésus, juste des femmes qui ont choisi de vivre pour lui.

    -Comme mère Thérésa qui aide les orphelins en Inde et ceux qui sont malades dans les bidonvilles. Les soeurs m’ont montré des images, j’ai beaucoup pleuré monsieur le Chene en les voyant, c’est pas juste qu’ils souffrent plus que d’autres. Pourquoi Jesus il fait rien ?

    -Tu sais petite fille, il ne décide pas de tout, il nous donne la vie mais c’est aux hommes de respecter ce qu’il nous donne et l’amour. Si les hommes sont mauvais alors les conséquences mauvaises existent . Ca te parait injuste petite fille, mais c’est qu’il ne faut pas regarder juste un enfant ou des enfants, mais un pays tout entier.

    Si dieu devait faire pour chacun, il aurait trop de travail. Tu sais petite fill, c’est comme un papa : il donne ce qu’il peut à ses enfants mais chacun va aussi faire des bêtises avant de devenir très sage. Ces bêtises, leur père n’est pas la toute leur vie pour les réparer, adulte c’est a eux de réfléchir, c’est la même chose avec Dieu qui est ton père, et le père de Jesus.

    Alors Monsieur le Chene, pourquoi quand vous étiez petit on brulait les sorcières, elles soignaient aussi.

    Ca petite fille je te l’expliquerais une autre fois, quand tu m’auras raconté les dessins que tu aimes.

    One Response to “IL ETAIT UNE FOIS: 5”

    1. I’m excited to find this website. I wanted to thank you for your time
      for this wonderful read!! I definitely enjoyed every little bit of
      it and i also have you saved to fav to see
      new things on your web site.

      My website; docteur en chiropratique Sherbrooke

    Leave a Reply