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    IL ETAIT UNE FOIS : 4

    P1010182Bonjour les enfants, j’espère que vous avez pu lire les trois épisodes qui sont nés pendant que la lune grossit, celle que la petite fille regardait, perchée dans son arbre la nuit pour raconter sa journée aux étoiles. Vous savez les enfants qu’elle est changeante la lune: ronde ou noire, ou la moitié, ou alors magique : un tout petit croissant. Mais vous savez les enfants c’est juste parce que le soleil l’éclaire certains jours plus que d’autres.Comme c’est un peu compliqué je vous l’expliquerais une autre fois parce que je sais que vous attendez sagement la suite de l’histoire de la petite fille. Mais n’oubliez pas d’ouvrir grand votre coeur et vos yeux pour regarder autour de vous afin de continuer d’apprendre .

    épisode 4

    Cet  après-midi d’école a été bien  triste et  la petite fille fut encore punie de trop parler. La maitresse  ne comprend pas  qu’elle voudrait bien partager  ses silences. Les mots, elle ne les aiment plus, ils l’ont trahis avec ce que la maitresse appelle des fautes et qu’elle recopie sur le grand tableau noir pour que tout le monde les voit. Elle lui a même administré une tape à chaque faute jusqu’à la dernière gifle et sa chute depuis l’estrade. La peur l’empêche de se défendre puisque chaque fois on lui parle du mal, du pécher. Sa faute, toujours sa faute, quand elle fait tout ce qu’elle peut pour tracer les mots sans que les consonnes dansent dans sa tête et se mélangent.

    Pendant la récréation, la petite fille a du faire des tours de cours avec sa dictée dans le dos alors celle assise au même bureau n’a pas voulu lui parler: elle l’aime bien cette petite fille parce que ses cheveux très longs la font rêver d’Ondine et sa légende, Ondine qu’elle raconte au petit garçon du grenier.

    C’est la dame de la ferme, à coté du château, qui lui a parlé du petit garçon. La première fois qu’elle allait chercher le lait avec le grand pot que lui donnait Nounou qui aidait sa maman dans la cuisine. La fermière, elle lui avait dit que ce garçon mystérieux et solitaire lui ressemblait , parlant aux chevaux le soir. La petite fille sait qu’il est parti depuis longtemps, et son papa n’a jamais voulu lui expliquer pourquoi, mais elle l’entend toujours dans le grenier. Personne n’a le droit de lui enlever  son rêve pour ne pas être seule avec sa tristesse.

    Ce soir la, elle a besoin de monter dans le grenier lui raconter la mer, son chêne attendra puisque lui ne bouge pas : il est très vieux mais très sage et il l’aime .

    Vite jeter son cartable dans sa chambre et monter vers ses trésors avec le livre d’Ondine pour le lire au petit garçon. Ondine sur la margelle d’un puis où l’eau limpide fait briller ses cheveux blonds et ses yeux bleus. Ondine qui attend  celui qu’elle aime, parti nager au milieu des herbes et des poissons.  La petite fille a perçu le bruit du petit garçon qui joue avec ses faux soldats de plombs : le murmure de sa voix qui passe au travers du mur, elle colle son oreille pour l’entendre, elle sait qu’il est heureux d’avoir écouté le livre.

    Mais Nounou l’appelle pour mettre le couvert, elle doit sortir de son secret, vite avant que que sa soeur la découvre, sa grande soeur qui veut  jouer à la maitresse mais pour la gifler parce qu’elle lui donne toujours le rôle de l’élève.

    En descendant l’escalier, le parfum du cigare de son père lui indique qu’il est rentré alors elle se glisse dans son bureau dans l’espoir d’écouter la musique qui envoute son coeur comme une caresse. Les mélodies de Mozart, la quatrième de Betoween, les rondos de Couperin et ce qu’elle aime le plus : la toccata de Bach en ré mineur. Son père lui a conté ce mineur, mais pour elle c’est ce qui traduit ses larmes et sa tristesse de ne pas avoir d’instrument pour jouer. Depuis longtemps ce cadeau elle le demande sans résultat. Ce soir la, au repas, elle part dans son monde en prenant soin de bien se tenir à table pour éviter la règle de fer. Les coudes en dehors, et pas une parole pour ne pas déranger ses parents : les enfants ne doivent pas parler à table. C’est seulement quand ils mangent tous dans la grande cuisine avec Nounou qu’ils peuvent rires et parler, parce que ses parents le soir  les laissent pour êtres seuls dans la grande salle a manger.

    Elle ne veut pas qu’on lui vole son droit de partir ailleurs, très loin dans un univers que personne ne comprend, mais peut-être son Chêne pourra lui expliquer.

    Ce soir la,  elle se couche sagement dans son lit pour être sur d’avoir le parfum de sa maman quand elle vient l’embrasser, après la prière à genoux, au pied du crucifix, planté au dessus de son lit. Elle sent les clous de Jésus, alors elle sait que sa souffrance est plus grande que la sienne. Son lit, elle l’a mis sous la fenêtre pour voir la nuit et la voie lactée, sa liberté sans être enfermée. Cette nuit la, comme souvent, elle attend que le château soit endormi pour fuir dehors et se réfugier dans son Chêne.

    Cacher à l’intérieur de son tronc, elle n’a pas oublié qu’il doit lui expliquer l’histoire de Saint Nicolas, celui de la Lorraine de son père :

    -Bonsoir Monsieur le Chêne, vous voulez bien me dire qui est Saint Nicolas ?

    -Bonsoir petite fille, tu  sais c’est un monsieur qui a existé il y a très longtemps et qui s’appelait de Myre, il est devenu célèbre parce qu’il s’occupait des enfants et de ceux qui n’ont plus rien. Alors un jour c’est devenu la tradition d’offrir des bonbons aux enfants avant Noel, le 6 décembre, et surtout un grand pain d’épice qui lui ressemble et qui ressemble au père Noel. Tu sais petite fille, toi qui parle souvent de l’histoire d’Ondine du monsieur disparu, il existe dans la légende de Nicolas, un poème avec les Ondins.

    C’est vrai Monsieur le Chêne ?Alors je vais penser à lui et le raconter au petit garçon  derrière le mur du grenier. Vous voulez bien que je lui confis parce qu’il ne peut pas venir vous écouter ?

    -Bien sur petite fille, tu peux lui confier puisqu’il est dans tes secrets, nous les partagerons à trois.

    -Monsieur le Chêne, pourquoi les soeurs ne me disent pas ce qu’est le paradis, j’ai vu des images sur la bible que mon père garde ouverte sur un lutrin dans son bureau. C’est beau ce que le livre appelle le jardin d’Eden mais je ne sais ce que ça veut dire.

    -Tu sais petite fille, ce sont des symboles, comme quand tu lis de la poésie et que tu te fabriques les images dont tu as envi à partir des phrases et des mots que tu lis.

    C’est comme la musique que tu aimes au point d’écouter la même encore et encore: tu nourris tes sens petites filles. Tu sais ce que c’est  les sens ?

    -Non monsieur le Chene, mais je veux bien savoir.

    -Les cinq sens petite fille, l’oui, c’est ce que ton oreille entend, l’odorat c’est ton nez qui sent, la vue c’est quand tes yeux regardent, le gout c’est ta langue qui te dit, et le dernier, le plus magique : le toucher, celui de ta main. Ce sont comme des capteurs pour sentir les plantes, les animaux, les autres humains autour de toi.

    -Moi ce que j’aime Monsieur le Chêne, c’est les petits chats abandonnés par leur maman, je les cache dans mon lit sous les draps pour qu’ils tètent mes doigts et qu’ils ronronnent. Moi aussi je ronronne, mais ma maman elle dit que si elle m’entend c’est que je fais une bêtise, alors que je ne le fais pas exprès Monsieur le Chêne. Ce bruit que je fais, c’est quand j’entends plus rien et que les grands ils disent que j’ai la tete ailleurs.

    Mais alors Monsieur le Chêne, les histoires de la Bible, c’est comme les Misérables,  on ne lit pas tous la même chose : parce que celle qui a des cheveux longs, assise au même bureau, elle dit toujours que c’est une histoire heureuse, à cause de Cosette et Marius. Moi je sais que ce n’est pas vrai, c’est juste la fin, mais Victor Hugo il a écrit plein de pages sur les gens malheureux et qui se font du mal. Parce que Jean Val Jean, il avait faim, et c’est pas juste de l’avoir mis avec des chaines aux pieds en prison pour  du pain volé.

    Je sais bien qu’il a volé aussi les chandeliers du curé qui l’avait aidé et protégé, mais après il est devenu tout plein d’amour et il a aidé les autres. Est-ce que c’est ça Monsieur le Chêne d’être catholique et pardonné de ses pêchers ?

    Vous savez Monsieur le Chêne, j’ai peur quand les autres font des bêtises, je n’arrive pas à en faire parce que les soeurs et mes parents ils disent que Jesus me voit toujours.

    -Tout doux petite fille, il n’est pas méchant tu sais, les soeurs quand j’étais jeune elles savaient aussi être douces et aider les mères qui se retrouvaient seules quand leur mari disparaissait en mer. Tu sais, à cette époque, ils avaient peur de la religion, mais ils savaient aussi s’amuser et danser autour de mon tronc. Je me souviens petite fille des troubadours qui venaient  jouer du luth, tu connais le luth petite fille?

    Oui Monsieur le Chêne, c’est la guitare avec plein de cordes et un manche tordu, mais je ne connais pas le son.

    Un jour peut-être tu entendras cet instrument qui est très ancien . C’est après que les autres ont été crées, le théorbe, le clavecin, le violon, l’orgue. Mais il ne faut pas oublier les vents, ceux où il faut souffler  pour que la musique existe, comme le cor de chasse, comme les flutes, les premières pour fabriquer une mélodie.

    Petite fille, je pense qu’il te faut aller dormir à présent, la nuit va se finir et ton lit te protège à cette heure.Au matin ta mésange viendra te dire bonjour pour moi et te chanter la joie.

    -Oui Monsieur le Chêne et je vais penser à tout ce que vous m’avez appris, a bientôt, car je reviendrais toujours vous voir.

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