Random Post: Une scène sans fin !
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    LE Petit aborigène… SUITE 3

    janvier 25th, 2011

    kimberley, australie, photo Sa grand-mère se mit à chanter, chanter l’histoire des cascades, l’histoire des « creeks » qui  grondaient et noyaient les eucalyptus encore enfants. Elle chantait le plaisir de se baigner sans fin. Elle chantait les mille brindilles qui pointaient leur nez tout vert, dans un univers d’où l’ocre  disparaissait. En une nuit, la citerne s’était remplie, les protégeant pour des mois et des mois de la sécheresse. Les  esprits du mal s’éloignaient car ceux du bien savaient les protéger.

    Lui, c’était sa voix qu’il écoutait, sa voix profonde et grave, comme celle des sons du didgeridoo. Il ne comprenait pas toutes ses paroles, qui lui donnaient un regard tout doux, mais il savait qu’elle devait revoir les images de ce moment bénit. Il décida cette nuit-là de demander à ses étoiles de répondre aux vœux  de son père et de sa grand-mère, afin que lui aussi  connaisse cette onde magique qui redonnait la vie. Il l’embrassa plus fort qu’il ne l’avait jamais fait, et parti se coucher plus grand, plus sage, que les autres jours. Ses petits pieds perchés sur un tabouret, il se pencha à la fenêtre pour parler à la nuit,  avant de s’endormir dans ses rêves….


    LE PETIT ABORIGENE 1

    novembre 18th, 2010

    Il DSCF1106, dessin aborigenesn’avait pas deux ans que ses pieds nus frôlaient l’herbe drue d’un petit coin de fraîcheur entre des gorges géantes. Ses yeux s’écarquillaient pour voir les dessins que sa grand-mère lui avait montrés sur la falaise. Des dessins qui lui racontaient des histoires merveilleuses où les wallabies jouaient d’une roche à l’autre, et sautaient sur leurs drôles de pattes.

    C’est eux qu’il préférait, tout petit il se cachait derrière les eucalyptus pour attendre leur venue chaque matin.

    La lune ne voulait jamais lui dire où ils dormaient, quand lui se couchait dans le petit lit au-dessus de la salle. Pourtant il ouvrait la fenêtre pour les chercher, mais seules les étoiles bougeaient dans la nuit. Des étoiles aux noms curieux, Algebar et Capella, des étoiles qui foisonnaient d’étincelles le long de la voix lactée. On lui avait dit qu’elles étaient très vieilles, aussi vieilles que les dessins tout rouges. Mais il ne pouvait le croire, tant chaque soir il les retrouvait.

    C’était comme ses wallabies dans la lumière du jour, chacun avait un nom qu’il leurs assignait  sans se tromper. Depuis que sa grand-mère lui parlait de ses bêtes préférées, immortalisées sur le mur, il ne voulait pas les dévoiler. Il avait peur qu’ils disparaissent dans l’ocre des lignes.

    Il adorait l’heure avant de se coucher quand sa famille restait dehors sur la terrasse pour profiter du vent venu. Il restait dans la cuisine  et s’asseyait sur les genoux de son aïeul pour l’écouter. Le didgeridoo lancait sa complainte au loin… à suivre


    …SUITE 2

    novembre 17th, 2010

    DSCF1106, dessin aborigenesIl aimait la musique que le souffle de son grand père produisait dans le bois d’eucalyptus creusé par les termites. Il attendait le jour ou plus grand, lui aussi chercherait dans le bush la flûte magique. Cette flûte que les anciens disait aussi vieille que les croquis sur la falaise. Vingt mille ans pour lui si petit , c’était une éternité, comme les étoiles qu’il contemplait.

    Ce soir là, son aïeul lui contait l’homme sage venu leur rendre visite pour appeler la pluie qui ne voulait plus tomber depuis 10 ans. Il était monté tout en haut des gorges, loin au-dessus d’eux, appuyé sur un bâton tout fin pour assurer ses pas. Pied nus, il grimpait aussi vite que les wallabies qui ne le quittaient pas. Il avait allumé le feu magique, et sa voix s’était imposée forte des incantations qu’il lançait. Elle lui contait ses cheveux gris emmêlés qui rayonnaient dans la lumière des flammes pour assombrir encore un peu son visage, aussi noir que la cendre.

    L’échos renvoyait sans fin ses mots étranges qui parlaient de gouttes d’eau qui devaient tomber du ciel pendant des heures. Des mots qui parlaient de couleurs qu’il ne connaissait pas, et de fleurs qu’il n’avait jamais vues.

    Il voulait croire à cette histoire qui disait que le lendemain les gorges avaient résonné du bruit de l’eau coulant à flot, éclaboussant la roche. Lui ne connaissait que la citerne qui gardait un liquide rouillé venu de la terre.


    UNE IMAGE POUR UN RÊVE

    octobre 10th, 2010

    IMG_1657, thailandeUne image quand le temps vient à manquer sans qu’on le veuille vraiment . Il est des instants de vie où l’écriture s’enfuit trop loin d’un quotidien qui se réclame d’incontournables. Reste une image dont la contemplation fugace libère le rêve. Un rêve sans utopie qui tient à bout de souffle pour aller vers des jours plus cléments. Il est réalité d’avant et douceur de demain afin que chaque heure construise sa destiné.

    Une musique s’est envolée dans les nimbes de l’astre qui se couche, une musique aux cent couleurs qui se croisent, se décroisent, et transcendent un ciel sans nuages aux confins de l’équateur.

    Cette nuit là, la lune avait fuit et les étoiles scintillaient dans un noir sombre lavé de ses orages. Une nuit trop rare qui parlait de la clareté des contrées profondes et pures.

    Celles que la sécheresse pare des feux de l’enfer au point du jour afin qu’il devienne paradis.


    La plénitude sous la mer.

    août 10th, 2010

    DSCF2042DSCF2028Quand la nuit achève sa course, léchant de son bleu profond la surface de l’océan, le monde sous la mer se réveille dans le silence des apnées qui l’écoutent.

    Les bruits s’effacent sous le regard d’un premier rayon de bronze qui teinte la transparence de l’eau des nuances de l’or pur.

    Nager comme danser, loin de la terre ferme, pour à peine effleurer la tranquillité de l’onde au sortir de la nuit quand les tropiques offrent leurs richesses.

    Une tortue pointe son museau délicat pour qu’un ultime  souffle d’air accompagne le plongeur qui la rejoint dans les profondeurs, DSCF1857une valse palmée comme une communion. Virevolter au gré de sa nage tranquille, carapace qui remonte, descend et se pose soudain sur un lit de corail pour une peinture qui garde ses mystères. Son oeil confiant dans le respect  qu’elle a su déceler, appelle la lenteur qui permet la rencontre.

    Là, juste à côté, sort des brumes du sommeil, les plumes déployées de celui qui cache sous sa beauté un piquant acéré au poison fulgurant. Il vole sous la table napée de mauve qui le protége de ses faiblesses.

    Trois farfadets, or et sombre, font leur premier sourire, espiègles et taquins, entre les lianes mouvantes de leur protectrice attitrée. Jeu de masques qui s’embrassent et se repoussent, éloignant le géant qui les regarde par besoin de l’air, dont eux ont le secret. La fascination est à la porte de laDSCF2098 grotte qui s’ouvre sur un noir d’encre, gardant entre ses parois ceux qui ne veulent se confier. Ils oscillent, immenses ou minuscules, sans que jamais leur corps ne se livre. La violence de leurs couleurs est autant de lueurs dans l’obscurité, avant que le regard trouve son dernier souffle au sortir du tunnel.

    Perché loin au dessus des fonds, le repos suit l’aigle des profondeurs qui a déployé ses ailes, en quittant le sable qui le retenait enfoui. Apnées répétées, fluides  comme un entrechat pour pourfendre les eaux, elles gardent dans le silence le respect de ce monde.


    Train du « Nouveau Monde »

    juin 16th, 2010

    Désert Mojave

    Désert Mojave

    Train de toujours, ton chant sur les rails qui scandent les minutes berce le voyageur dans ta romance. Tu défiles sur les paysages pour que découvrir devienne une aventure au souvenir du Nouveau monde qui t’adoptait.

    Exploration, chaleur, poussière, le cheval s’épuisait dans des horizons d’espoir immense. L’homme imposait ta présence pour en rejoindre un autre, au-delà des forêts, au-delà du désert, au-delà des montagnes. Avancer encore et toujours, un pas de plus, un Indien de moins, une réserve inventée, comme une sécurité sur leur conquête. Ton chemin de fer  devenait le succès des uns, l’anéantissement des autres.

    Ces autres, femmes désœuvrées, emportant leur bébé, leur seul trésor précieusement lacé dans leur dos, humains doués d’esprit qui dépassait les intrus, si peu préparés à la fureur des « évolués de demain ». Tes rails sillonnaient une nature inhospitalière, barres de fer qui s’alignent entre des pyramides, volcans éteints, usés, sculptés, symphonie de mauves et blancs des minéraux d’un autre ère.

    Les hommes t’installaient forts de tes résonances, alliant peur et abnégation, devenant loups parmi les loups dans le froid mordant de l’hiver. Serpent qui glisse au fond de gorges profondes, isolées, douées de beauté sauvage, si profondes que l’on ne sait plus pourquoi ton chemin .

    Rails après rails tu sillonnais ce pays si vaste, si surprenant de nuances, extrêmes des contrastes : chaleur laiteuse que côtoient aux confins des Rocheuses, tes blizzards fantasmagoriques. Pays que la nature a décidé de ne pas épargner, le punissant d’avoir cru la dompter de ce monstre aux bras d’acier.

    Millier de kilomètres aux heures les plus rudes, sueur des hommes portés par ton balancement tedum tedum tedum, ils s’endormaient pour mieux se réveiller.

    Rails perdus qui se frottaient sur le rouge violent de l’érable, avant de douter de son évidence quand vient le temps de l’arche naturelle. Canyons aux reflets des grands lacs, aboutissement de l’espace qui ne se traversait plus aux  eaux tumultueuses comme autant d’interdits.

    Locomotive tu te vantais, tu ne pouvais passer, ta machine déjà rouillée de fatigue restait en arrêt, belle de toutes ces ocres traversées, comme les pelisses des hommes qui t’avaient façonnée.

    Tu devais contourner, t’incliner vers d’autres rivages et finir ta course par-delà le désert le plus plat, le plus vide, avant de trouver l’océan.Territoire isolé, igloo de pierres donné aux Hommes Rouges, négation  sur ta course qui prend fin.

    Tu te nommais conquête de l’Ouest, tu as laissé tes rails témoins de ta beauté. Qui aujourd’hui marche encore sur tes pas qui n’ont pu suivre la modernité pour garder ta part de naïveté dans un espace encore sauvage ?

    Ton heure de gloire, celle des hommes célèbres dans tes wagons, des femmes aux rires délicieux qui rejoignaient leur chimère, loin de ces Noirs et leur coton couchés sur leurs sac, tous gardiens de tes désirs, qu’en restent-t-ils sur tes bancs usés ? Seul des grands fous passionnés te collectionnent, te font reluire, te font vibrer.

    Les autres se retirent et te laissent, vide, abandonné à la sécheresse, quand seules restent ces citernes qui jalonnaient ta route, inquiétantes aujourd’hui, si loin du rêve qui te voyait passer .


    CONTE et POESIE

    juin 14th, 2010

    Photo de Florence.Les contes traversent l’Histoire entre frayeurs et douceurs, celles dont l’enfant à besoin pour se construire. Ils diffèrent d’une culture à l’autre, d’un pays à l’autre, au gré des années,  mais ils n’ont jamais quitté la mémoire collective. La grand-mère, le grand-père, au coin du feu, ne sont pas une légende, c’est eux qui racontaient à l’enfant ces mots, ces phrases, qui remplissaient sa soif d’émotion et de savoir. Parce que l’enfant a besoin de rester sur le fil de l’existence entre rêves et réalités avant de plonger dans le concret, armé des nuances que lui auront donné les contes. Le besoin de se reconnaître entre nous est fait pour une part de cette mémoire qui  doit se remplir des mêmes histoires pour tous.

    La poésie, elle, n’est pas toujours celle que l’on croit, et que les enfants ne savent plus lire ou comprendre. Il est aussi poésie, le rythme des mots qui s’enchaînent pour que la musicalité de la voix qui les récite, berce sa sensibilité qui grandit. L’enfant ne la reçoit pas avec obligation de la comprendre. Avant tout, son écoute est pleine et suffisante, dès sa naissance, avant de voir le jour où la compréhension le surprendra, sans même qu’il l’ait voulu.

    Il est un devoir de garder cette musique qui naît des poèmes, des récits, qui se veulent articulés entre beauté des mots et beauté des liaisons qui ne heurtent pas son oreille sensible, et développent sa capacité à emmagasiner toute une panoplie d’harmoniques. De cette capacité naitra son désir de s’en nourrir adulte, et de perpétuer à son tour ce savoir.

    Longtemps, point n’était question d’enfants défavorisés, tous avaient encore en commun ce savoir simple que les parents et l’école leurs transmettaient. Aux Philippines, les enfants connaissent tous le chant et le son de la guitare, pourtant l’école ou le confort d’une maison leurs sont souvent étranger.

    Alors ne nous enlisons plus dans les fausses excuses, éloignons nous de ces récits qui se mettent au parfum d’un langage qu’ils adoptent, faute de leur avoir proposé autre chose.

    Que les poèmes se réapprennent par coeur, ceux que les parents pourront aimer en même temps qu’eux . Ceux qui ont gardé le rêve et la musique de leurs phrases , loin de la violence d’un son qui heurte. Ceux qui sont notre transmission culturelle au travers des générations.


    Coté cour, coté jardin !

    mai 24th, 2010

    Il est là, tapi entre les rideaux, il attend la voix qui par un mot lâché lui dira de faire un pas.

    Il entend, entre peur et jouissance, la parole qui libère le flot d’une autre vie. La force de sa  mémoire l’investit tout entier pour que traverse la scène celui qui le transcende.

    Il  danse et de corps et d’esprit, il crie, hurle, chante, jusqu’à la racine des cheveux, sans retenu : il peut, on lui a  dit  » joue ! »

    Un jeu comme un miroir de ce qu’il ne saurait être. Un jeu comme un lien entre lui et le monde, protégé par les planches. Un jeu qui dit sans dire, qui rit sans joie, qui pleure sans tristesse, afin que ses émotions réelles trouvent leur exutoire.

    Il part aussi loin que sa passion le mène, il retient au creux de son ventre deux mains qui prient, avant de s’agenouiller  dans la douleur.

    Il court, effleure le sol d’un pied rieur : sa folie pour quelques instants ne saurait l’accabler.

    Il hurle, violent, péremptoire et grégaire quand il n’est que douceur.

    Il aime avec volupté, lyrisme et pureté, quand son coeur est vide d’un amour qu’il se cherche .

    Son être tout entier se donne avec rigueur, entre libertés et contraintes, pour le plaisir de s’oublier dans un autre qui sans doute sera toujours un peu lui.

    Lui, on le nomme Acteur , celui qui s’est lancé au delà du rideau !


    Shakespeare sans paroles !

    mai 18th, 2010

    Une plume qui coure et l’amour a trempé ses racines dans une encre noire, aussi noire que sa face cachée par l’ombre de la nuit.

    Les doigts douloureux se courbent  sur le parchemin qui transcende le sentiment pour lui donner éternité.

    Les lettres formées  se suivent, elles grattent l’émotion dans le silence troublé du feu qui crépite.

    Le visage se penche, deux yeux cernés des ocres de la flamme les regardent défiler, emportés par le souffle d’un coeur affolé.

    La magie opère et façonne les mots pour leur donner l’élan qui emporte le rêve vers sa destiné.

    Ils s’installent entre les points, sautent d’une virgule à l’autre, et vibrent de la passion qui les tord au rythme de ses images.

    Les heures prolongent le flot de leur sens et composent chaque part de l’histoire qui envahit la pierre des murs.

    La fatigue rature un visage auréolé des mèches libérées au creux d’un oreiller.

    Elle rattrape les sons, restaure les gémissements, et esquisse le mot fin au bout de la dernière goutte d’encre.


    L’AGE MUR ! un silence comme celui de 40 000 autres.

    mai 13th, 2010

    L'Age Mûr, Camille Claudel !

    L'Age Mûr, Camille Claudel !

    Souffrance, passion, amour, et la violence du vide qui détache les mains pour que la pureté d’un sentiment existe au coeur de la création. À genoux, un visage, un regard, une ligne et deux êtres si loin. Elle transcende, Elle sent, Elle vibre, Elle vit , Elle : Camille !

    Nous a-t-Elle parlé , a-t-Elle laissé derrière Elle autre chose qu’une lettre qui implore, une lettre où les mots hurlent avec respect, et loin de la folie, ce que 40 000 autres ont dû hurler aussi avant de mourir de faim dans le rejet et la déchéance des hôtipaux psychiatriques ? Vichy, Pétain, les moutons …

    Elle s’appelait Camille !

    Elle s’entend encore si on écoute en silence un bronze qui transpire ses paroles. Son parfum se respire  dans le sol souillé de l’asile qui a caché sa mort si ce n’est sa folie jamais prouvée.

    Folie qui es-tu ? quand doit-on t’enfermer loin de ceux qui s’enlisent dans un moule de douceur primaire, loin des nuances de l’art.

    Folie tu génères la création quand tu habites la fragilité de l’être. François Villon, Mozart, Baudelaire, Van Gogh . Passion, folie, douce, grave, violente, calme …Quand s’affirme-t-elle comme force d’inspiration ou au contraire comme obstacle à cette dernière ? Tant de psychanalystes s’y sont confrontés et s’acharnent encore. Alors pourquoi ne se taisent-ils pas, tous ces autres qui s’expriment en hommage à Camille, dont les cris sont restés inaudibles ?

    A-t-elle le droit au respect de n’avoir jamais pu révéler sa vérité, ce respect qui demande le silence dans la décence de la méconnaissance ?

    Qui n’a jamais été tenté par la spirale de la folie, qui attire dans son lit douillet, n’a pas connu la souffrance, celle qui hurle et trouve sa rédemption dans la création afin de laisser derrière elle ses plus belles œuvres.

    Entendez Camille dans la force de ses sculptures, mais n’écoutez pas des paroles qui ne pourront plus être les siennes. Il est trop tard, sauf pour admirer ce que ses années de passion, de sensibilité et de souffrance, ont laissé après Elle pour toujours .