LE Petit aborigène… SUITE 3

kimberley, australie, photo Sa grand-mère se mit à chanter, chanter l’histoire des cascades, l’histoire des « creeks » qui  grondaient et noyaient les eucalyptus encore enfants. Elle chantait le plaisir de se baigner sans fin. Elle chantait les mille brindilles qui pointaient leur nez tout vert, dans un univers d’où l’ocre  disparaissait. En une nuit, la citerne s’était remplie, les protégeant pour des mois et des mois de la sécheresse. Les  esprits du mal s’éloignaient car ceux du bien savaient les protéger.

Lui, c’était sa voix qu’il écoutait, sa voix profonde et grave, comme celle des sons du didgeridoo. Il ne comprenait pas toutes ses paroles, qui lui donnaient un regard tout doux, mais il savait qu’elle devait revoir les images de ce moment bénit. Il décida cette nuit-là de demander à ses étoiles de répondre aux vœux  de son père et de sa grand-mère, afin que lui aussi  connaisse cette onde magique qui redonnait la vie. Il l’embrassa plus fort qu’il ne l’avait jamais fait, et parti se coucher plus grand, plus sage, que les autres jours. Ses petits pieds perchés sur un tabouret, il se pencha à la fenêtre pour parler à la nuit,  avant de s’endormir dans ses rêves….

LE PETIT ABORIGENE 1

Il DSCF1106, dessin aborigenesn’avait pas deux ans que ses pieds nus frôlaient l’herbe drue d’un petit coin de fraîcheur entre des gorges géantes. Ses yeux s’écarquillaient pour voir les dessins que sa grand-mère lui avait montrés sur la falaise. Des dessins qui lui racontaient des histoires merveilleuses où les wallabies jouaient d’une roche à l’autre, et sautaient sur leurs drôles de pattes.

C’est eux qu’il préférait, tout petit il se cachait derrière les eucalyptus pour attendre leur venue chaque matin.

La lune ne voulait jamais lui dire où ils dormaient, quand lui se couchait dans le petit lit au-dessus de la salle. Pourtant il ouvrait la fenêtre pour les chercher, mais seules les étoiles bougeaient dans la nuit. Des étoiles aux noms curieux, Algebar et Capella, des étoiles qui foisonnaient d’étincelles le long de la voix lactée. On lui avait dit qu’elles étaient très vieilles, aussi vieilles que les dessins tout rouges. Mais il ne pouvait le croire, tant chaque soir il les retrouvait.

C’était comme ses wallabies dans la lumière du jour, chacun avait un nom qu’il leurs assignait  sans se tromper. Depuis que sa grand-mère lui parlait de ses bêtes préférées, immortalisées sur le mur, il ne voulait pas les dévoiler. Il avait peur qu’ils disparaissent dans l’ocre des lignes.

Il adorait l’heure avant de se coucher quand sa famille restait dehors sur la terrasse pour profiter du vent venu. Il restait dans la cuisine  et s’asseyait sur les genoux de son aïeul pour l’écouter. Le didgeridoo lancait sa complainte au loin… à suivre

…SUITE 2

DSCF1106, dessin aborigenesIl aimait la musique que le souffle de son grand père produisait dans le bois d’eucalyptus creusé par les termites. Il attendait le jour ou plus grand, lui aussi chercherait dans le bush la flûte magique. Cette flûte que les anciens disait aussi vieille que les croquis sur la falaise. Vingt mille ans pour lui si petit , c’était une éternité, comme les étoiles qu’il contemplait.

Ce soir là, son aïeul lui contait l’homme sage venu leur rendre visite pour appeler la pluie qui ne voulait plus tomber depuis 10 ans. Il était monté tout en haut des gorges, loin au-dessus d’eux, appuyé sur un bâton tout fin pour assurer ses pas. Pied nus, il grimpait aussi vite que les wallabies qui ne le quittaient pas. Il avait allumé le feu magique, et sa voix s’était imposée forte des incantations qu’il lançait. Elle lui contait ses cheveux gris emmêlés qui rayonnaient dans la lumière des flammes pour assombrir encore un peu son visage, aussi noir que la cendre.

L’échos renvoyait sans fin ses mots étranges qui parlaient de gouttes d’eau qui devaient tomber du ciel pendant des heures. Des mots qui parlaient de couleurs qu’il ne connaissait pas, et de fleurs qu’il n’avait jamais vues.

Il voulait croire à cette histoire qui disait que le lendemain les gorges avaient résonné du bruit de l’eau coulant à flot, éclaboussant la roche. Lui ne connaissait que la citerne qui gardait un liquide rouillé venu de la terre.

La plénitude sous la mer.

DSCF2042DSCF2028Quand la nuit achève sa course, léchant de son bleu profond la surface de l’océan, le monde sous la mer se réveille dans le silence des apnées qui l’écoutent.

Les bruits s’effacent sous le regard d’un premier rayon de bronze qui teinte la transparence de l’eau des nuances de l’or pur.

Nager comme danser, loin de la terre ferme, pour à peine effleurer la tranquillité de l’onde au sortir de la nuit quand les tropiques offrent leurs richesses.

Une tortue pointe son museau délicat pour qu’un ultime  souffle d’air accompagne le plongeur qui la rejoint dans les profondeurs, DSCF1857une valse palmée comme une communion. Virevolter au gré de sa nage tranquille, carapace qui remonte, descend et se pose soudain sur un lit de corail pour une peinture qui garde ses mystères. Son oeil confiant dans le respect  qu’elle a su déceler, appelle la lenteur qui permet la rencontre.

Là, juste à côté, sort des brumes du sommeil, les plumes déployées de celui qui cache sous sa beauté un piquant acéré au poison fulgurant. Il vole sous la table napée de mauve qui le protége de ses faiblesses.

Trois farfadets, or et sombre, font leur premier sourire, espiègles et taquins, entre les lianes mouvantes de leur protectrice attitrée. Jeu de masques qui s’embrassent et se repoussent, éloignant le géant qui les regarde par besoin de l’air, dont eux ont le secret. La fascination est à la porte de laDSCF2098 grotte qui s’ouvre sur un noir d’encre, gardant entre ses parois ceux qui ne veulent se confier. Ils oscillent, immenses ou minuscules, sans que jamais leur corps ne se livre. La violence de leurs couleurs est autant de lueurs dans l’obscurité, avant que le regard trouve son dernier souffle au sortir du tunnel.

Perché loin au dessus des fonds, le repos suit l’aigle des profondeurs qui a déployé ses ailes, en quittant le sable qui le retenait enfoui. Apnées répétées, fluides  comme un entrechat pour pourfendre les eaux, elles gardent dans le silence le respect de ce monde.

CONTE et POESIE

Photo de Florence.Les contes traversent l’Histoire entre frayeurs et douceurs, celles dont l’enfant à besoin pour se construire. Ils diffèrent d’une culture à l’autre, d’un pays à l’autre, au gré des années,  mais ils n’ont jamais quitté la mémoire collective. La grand-mère, le grand-père, au coin du feu, ne sont pas une légende, c’est eux qui racontaient à l’enfant ces mots, ces phrases, qui remplissaient sa soif d’émotion et de savoir. Parce que l’enfant a besoin de rester sur le fil de l’existence entre rêves et réalités avant de plonger dans le concret, armé des nuances que lui auront donné les contes. Le besoin de se reconnaître entre nous est fait pour une part de cette mémoire qui  doit se remplir des mêmes histoires pour tous.

La poésie, elle, n’est pas toujours celle que l’on croit, et que les enfants ne savent plus lire ou comprendre. Il est aussi poésie, le rythme des mots qui s’enchaînent pour que la musicalité de la voix qui les récite, berce sa sensibilité qui grandit. L’enfant ne la reçoit pas avec obligation de la comprendre. Avant tout, son écoute est pleine et suffisante, dès sa naissance, avant de voir le jour où la compréhension le surprendra, sans même qu’il l’ait voulu.

Il est un devoir de garder cette musique qui naît des poèmes, des récits, qui se veulent articulés entre beauté des mots et beauté des liaisons qui ne heurtent pas son oreille sensible, et développent sa capacité à emmagasiner toute une panoplie d’harmoniques. De cette capacité naitra son désir de s’en nourrir adulte, et de perpétuer à son tour ce savoir.

Longtemps, point n’était question d’enfants défavorisés, tous avaient encore en commun ce savoir simple que les parents et l’école leurs transmettaient. Aux Philippines, les enfants connaissent tous le chant et le son de la guitare, pourtant l’école ou le confort d’une maison leurs sont souvent étranger.

Alors ne nous enlisons plus dans les fausses excuses, éloignons nous de ces récits qui se mettent au parfum d’un langage qu’ils adoptent, faute de leur avoir proposé autre chose.

Que les poèmes se réapprennent par coeur, ceux que les parents pourront aimer en même temps qu’eux . Ceux qui ont gardé le rêve et la musique de leurs phrases , loin de la violence d’un son qui heurte. Ceux qui sont notre transmission culturelle au travers des générations.

Maître nature

Sans ombre la lumière meurt !
Sans ombre la lumière s'éteint

Maître nature nous rappelle à l’ordre, il est et reste le plus fort, celui qui s’impose parfois pour nous dire : soyez humble, quittez l’orgueil qui vous conduit au bord de la faillite d’un monde dont vous vous réclamez, sans plus savoir le respecter.

Maître nature vous dit combien en d’autres contrées ils savent et n’oublient jamais la valeur réelle de la vie. Eux restent solidaires, eux gardent la main tendue, eux connaissent le prix du jour qui se vit dans la joie. Comment faites-vous pour vous réclamer de la fin des risques, la fin des déboires, la fin des épreuves, quand ce sont elles qui vous apportent la sensation de bonheur et d’existence dont vous continuez de vous décrier. Plaintes, gémissements, désespérance, sont les maux des sociétés qui partent à la dérive, et pourtant, ce sont elles qui se complaisent entre les murs de la sécurité, refusant plus que jamais de le voir s’écrouler.

Sans risque, sans le rappel de forces qui nous dépassent, et nous fait prendre conscience du prix de la vie, nous ne pouvons trouver cette sensation d’existence, et rester positif envers les jours qui imposent leur combat.

Avant d’être sage, l’homme ne pourra jamais trouver sa confiance dans un lit de plume. Seule la rudesse lui donnera ce qu’il réclame, au contraire de la facilité.

Alors le jour où maître nature se manifeste il faut savoir lui dire merci.

MASTER NATURE

Mother nature has her way of reminding us she has the will and the way of power over us, and who, from time to time, imposes her way of saying; be humble, leave aside your arrogance, leading you to the border of bankruptcy of a world you claim to be yours, but with no longer giving it respect.

Mother nature, you say how much, in other countries they detain the know how, never forgetting the real values of life. They stay jointly responsible, they hold out their hands towards each other, they know the value of a day being lived in joy.

How do you set about to, clamour the end of risks, the end of setbacks, the end of ordeals which you continue to belittle., when it’s those very same things which give you the sensation of happiness, of existence.

Complaints, moans, desperateness are the hurts of societies who are drifting apart and yet it’s these very societies who take pleasure in-between the walls of security, refusing to see they are crumbling, more than ever.

Without risk, without the will and the way of strength to overpower us, making us realise the price of life, we cannot find that sensation of existence and stay positive towards the battle of each day. Before wisdom is achieved, man can never find his confidence on a silver plate. Only the toughness of hard times, will give him that which he claims.

So yes, when next time mother nature manifests herself, remember to say THANKYOU !