AMOUR

IMG_0998, HimalayasIl me souvient les enfants que j’avais promis de vous écrire encore et de vous prendre par la main pour vous bercer de la sagesse des mots.

Mais le temps est passé, celui de mon repos et de mon chemin pour être encore plus sage, afin de ne plus vous dire de bêtises.

Vous savez les enfants, je vous l’ai dit que les mamans, ce n’est pas toujours qu’elles font tout comme il faut,

Mais soyez sur qu’ elle vous aime votre maman, toujours .

C’est juste que parfois, elles ne savent plus comment faire pour vous le dire comme il faut.

Alors vous savez quoi : “on va leur apprendre bientot !”

En attendant, vous pouvez leur raconter le livre des paroles de son Holiness. Je n’ai pas encore eu le temps de le lire, mais je suis sure qu’il aidera vos parents pour qu’ils vous aident aussi. C’est Christian Bruyat qui l’a écrit  avec la beauté de celui qui sait : Le Dalai Lama !

Il me souvient avoir voulu vous bercer pour endormir vos mauvais rêves et envahir vos pensées de douceurs et de sourires. Cet après-midi, où je pense à vous très fort , je vous offre George Moustaki et son facteur. Celui qui apportait l’amour sur du beau papier où les mots jouaient le chant du bonheur. Vous savez les enfants, même si vos mots sont tout tremblants sur la feuille  blanche, entourez les de couleurs, barbouillez les de vos joies, de vos cris, de vos larmes, et confiez les au facteur de votre maison : il sera tout content de les apporter à ceux que vous aimez.

Quand les ombres envahissent votre coeur, n’oubliez jamais que la lumière revient toujours pour caresser vos moments difficiles, comme elle a toujours caressé les miens. Il suffit de le vouloir très fort, très fort, très fort.

Il est des jours où c’est plus difficile, c’est vrai, mais n’abandonnez jamais de la chercher : promis, elle  sera la et vos rêves deviendront merveilleux dans les bras tout doux de Morphée.

Vous connaissez Morphée, c’est un dieu de la mythologie Grec qui protège les rêves comme un magicien. Demandez à vos parents, peut-être qu’ils le connaissent et si c’est non et bien vous leur apprendrez .

C’est mon premier message depuis longtemps, alors je ne vais pas le faire trop long,  vous risqueriez d’êtres aussi fatigués que je le fus, et je vous veux en pleine forme pour me lire encore un jour prochain.

LE Petit aborigène… SUITE 3

kimberley, australie, photo Sa grand-mère se mit à chanter, chanter l’histoire des cascades, l’histoire des « creeks » qui  grondaient et noyaient les eucalyptus encore enfants. Elle chantait le plaisir de se baigner sans fin. Elle chantait les mille brindilles qui pointaient leur nez tout vert, dans un univers d’où l’ocre  disparaissait. En une nuit, la citerne s’était remplie, les protégeant pour des mois et des mois de la sécheresse. Les  esprits du mal s’éloignaient car ceux du bien savaient les protéger.

Lui, c’était sa voix qu’il écoutait, sa voix profonde et grave, comme celle des sons du didgeridoo. Il ne comprenait pas toutes ses paroles, qui lui donnaient un regard tout doux, mais il savait qu’elle devait revoir les images de ce moment bénit. Il décida cette nuit-là de demander à ses étoiles de répondre aux vœux  de son père et de sa grand-mère, afin que lui aussi  connaisse cette onde magique qui redonnait la vie. Il l’embrassa plus fort qu’il ne l’avait jamais fait, et parti se coucher plus grand, plus sage, que les autres jours. Ses petits pieds perchés sur un tabouret, il se pencha à la fenêtre pour parler à la nuit,  avant de s’endormir dans ses rêves….

LE PETIT ABORIGENE 1

Il DSCF1106, dessin aborigenesn’avait pas deux ans que ses pieds nus frôlaient l’herbe drue d’un petit coin de fraîcheur entre des gorges géantes. Ses yeux s’écarquillaient pour voir les dessins que sa grand-mère lui avait montrés sur la falaise. Des dessins qui lui racontaient des histoires merveilleuses où les wallabies jouaient d’une roche à l’autre, et sautaient sur leurs drôles de pattes.

C’est eux qu’il préférait, tout petit il se cachait derrière les eucalyptus pour attendre leur venue chaque matin.

La lune ne voulait jamais lui dire où ils dormaient, quand lui se couchait dans le petit lit au-dessus de la salle. Pourtant il ouvrait la fenêtre pour les chercher, mais seules les étoiles bougeaient dans la nuit. Des étoiles aux noms curieux, Algebar et Capella, des étoiles qui foisonnaient d’étincelles le long de la voix lactée. On lui avait dit qu’elles étaient très vieilles, aussi vieilles que les dessins tout rouges. Mais il ne pouvait le croire, tant chaque soir il les retrouvait.

C’était comme ses wallabies dans la lumière du jour, chacun avait un nom qu’il leurs assignait  sans se tromper. Depuis que sa grand-mère lui parlait de ses bêtes préférées, immortalisées sur le mur, il ne voulait pas les dévoiler. Il avait peur qu’ils disparaissent dans l’ocre des lignes.

Il adorait l’heure avant de se coucher quand sa famille restait dehors sur la terrasse pour profiter du vent venu. Il restait dans la cuisine  et s’asseyait sur les genoux de son aïeul pour l’écouter. Le didgeridoo lancait sa complainte au loin… à suivre

…SUITE 2

DSCF1106, dessin aborigenesIl aimait la musique que le souffle de son grand père produisait dans le bois d’eucalyptus creusé par les termites. Il attendait le jour ou plus grand, lui aussi chercherait dans le bush la flûte magique. Cette flûte que les anciens disait aussi vieille que les croquis sur la falaise. Vingt mille ans pour lui si petit , c’était une éternité, comme les étoiles qu’il contemplait.

Ce soir là, son aïeul lui contait l’homme sage venu leur rendre visite pour appeler la pluie qui ne voulait plus tomber depuis 10 ans. Il était monté tout en haut des gorges, loin au-dessus d’eux, appuyé sur un bâton tout fin pour assurer ses pas. Pied nus, il grimpait aussi vite que les wallabies qui ne le quittaient pas. Il avait allumé le feu magique, et sa voix s’était imposée forte des incantations qu’il lançait. Elle lui contait ses cheveux gris emmêlés qui rayonnaient dans la lumière des flammes pour assombrir encore un peu son visage, aussi noir que la cendre.

L’échos renvoyait sans fin ses mots étranges qui parlaient de gouttes d’eau qui devaient tomber du ciel pendant des heures. Des mots qui parlaient de couleurs qu’il ne connaissait pas, et de fleurs qu’il n’avait jamais vues.

Il voulait croire à cette histoire qui disait que le lendemain les gorges avaient résonné du bruit de l’eau coulant à flot, éclaboussant la roche. Lui ne connaissait que la citerne qui gardait un liquide rouillé venu de la terre.

HIMALAYA, LA NUBRA

la nubra valleyLa bise  portait dans le vent la voix du mystère qui scandait ses vocalises dans la poussière du froid.

Il devait être tôt, assez pour que la glace se taise sous le couloir neigeux.

Il devait être tard, bien après que le rêve ait cessé pour se lover dans la réalité.

Il était cet instant où les mots se taisent, où le regard se voudrait d’éternité, où le mystère s’ouvre enfin. Juste une illusion, avant de le mener vers un autre plus infini que lui .

Il était cet instant où surgissait du mur de l’Himalaya une vallée de désert, profonde et silencieuse. Seul le vent racontait son histoire dans une sécheresse qui craquait les lèvres engourdies.

Il racontait des rires chatoyants derrières les gouttelettes du torrent qui lavait le tapis d’un enfant.

Il racontait des yeux limpides et noirs au bord de joues cuivrées, rougies par des matins de gel.

Il racontait deux mains qui se réchauffent  en s’enroulant sur un bol tendu comme une offrande.

Le toit du monde s’était paré de la lumière des justes, il gardait enfoui dans les replis de ses sommets, les pierres invisibles de ses prières.

Marcher était devenu autre, comme un pas qui s’ignore pour réclamer la vie. Marcher vers ceux qui gardent la magie des interrogations subtiles, sans leurs demander raison. Marcher vers ceux que les jours exaltés d’étincelles courbent sur une terre trop dure.

Ils étaient dix, puis vingt, puis trente, autant que leurs ânes chargés de vivres qu’ils guidaient vers un sommet sans nom. Ils étaient joie, curiosité, surprise.

Ils étaient une rencontre, la seule, l’unique, celle qui se taie pour qu’ils existent toujours, loin de nos compréhensions.