IL ETAIT UNE FOIS DOGY

Together “Il était une fois”

Bonjour les enfants,

Après un grand sommeil tout doux, je reviens vers vous pour vous parler encore. J’espère que vous avez trouvé le chemin pour écrire des lettres, le facteur il aime le papier, vous n’avez pas oublié ?

“Il était une fois”: tous les contes commencent par cette phrase , en Anglais on dit : “once  upon a time “, vous connaissez l’anglais ? Je ne vous dirais rien de plus, c’est Mamiloux qui vous le dira, celle qui traduit mes mots pour les adultes et les enfants qui ne parlent pas français. Mais je vais vous raconter :

la naissance de “Dogy”

Il était une fois Mamiloux, une petite fille née en Angleterre, la grande ile, la haut, au nord de la France. Une ile avec sa tête qui regarde l’océan et ses pieds séparés de nous par une Manche toute froide, mais toute belle de ses vagues entre des falaises blanches.

Mamiloux est venue vivre en France quand elle était déjà maman de deux petits garçons, et vous savez quoi ? Elle a appris notre langue toute seule, en écoutant. Vous aussi, vous pouvez apprendre la sienne.

Aujourd’hui, tout plein d’années sont passées, et Mamiloux a trois petites filles de toutes les couleurs, les couleurs mélangées des pays du monde : l’Afrique, L’Asie, l’Europe. Elles sont toutes douces, toutes belles. Mais parfois Mamiloux  est triste parce que ses petites filles sont loin. Deux sont même très loin, très très loin, dans une ile aussi, avec la mer qui la sépare du sud de l’Afrique, vrai de vrai, parce que je ne mens jamais.

Ne vous inquiétez pas, car Mamiloux trouve toujours la joie en aimant, et en donnant aux autres enfants, comme dans les orphelinats de Thaïlande, où elle est restée deux fois six mois. Parce qu’un orphelin, c’est celui qui n’a plus ni papa, ni maman, mais là bas, il a tout plein de “parents” comme Mamiloux, qui viennent pour s’occuper de lui.

Aujourd’hui Mamiloux, elle vit dans une ville toute grande qui fait du bruit, trop de bruit pour Mamiloux, mais heureusement, près d’une mer toute bleu. Et pour donner encore, elle a trouvé un petit garcon tout rond, tout doux.

Un jour, les enfants, ce petit garçon  a sorti de sa boite magique un petit chien en bois et Mamiloux l’a appelé : “DOGY”.

DOGY  est né sous le signe de l’ AMOUR : il parle à tout le monde, tous ceux qui sont seuls et tristes, il leurs apporte les sourires, la joie, les rires aussi quand il se promène dans les rues.

Vous savez quoi les enfants : Mamiloux en ce moment, elle a besoin aussi d’amour et de calme, comme moi ces derniers mois, pour être encore plus sage et pouvoir vous raconter .Alors Mamiloux, elle va prendre le papier pour écrire en regardant l’océan qui la fait rêver de ses petites filles. Le papier, comme les lettres avec vos dessins, que le facteur aime bien. Et Mamiloux, les enfants, je suis sure qu’elle fera danser les mots, en francais, en anglais, pour vous écrire des contes:

LES CONTES DE DOGY !

Chut ! : “c’est un secret”, le papier est encore tout blanc, il va regarder la mer toute bleu, pour trouver des mots entre noir et blanc !

Ta liberté enfant du progrès

enfants
auraient-ils moins de liberté que les nôtres ?

Où est la liberté de l’enfant qui naît sans l’avoir décidé, où est sa liberté d’hurler la violence qui l’accueille, à peine sorti du nid, où est sa liberté de devoir se couvrir d’une panoplie de tissus plus agressifs les uns que les autres ?

Où est sa liberté de manger quand sa bouche ne connaissait que la douceur de l’onde ?

Où est sa liberté de respirer quand cet air qui rentre en lui de force sent le goudron et le moisi ?
Où est sa liberté de s’entourer d’une couche qui lui écartèle les jambes ?
Où est sa liberté d’entendre les cris, les niaiseries, sans qu’aucun filtre jamais plus ne les atténue ?
Où est sa liberté d’être privé d’une histoire qui l’aurait bercé?
Où est sa liberté de refuser ces dix milles objets qui le protègent de  ses apprentissages?

Où est sa liberté de refuser la sécurité qu’on lui impose et qui ne l’épargnera jamais des réalités de la vie ?

Où est sa liberté de réclamer le vide qui seul peut le remplir des rêves qu’il se cherche ?
Où est sa liberté de grandir sans le regard d’autrui qui lui dicte sa conduite ?
Où est sa liberté de se construire en dehors d’une dictature d’adultes qui croient tout savoir et tout décider pour lui, dans une avalanche d’objets comme les barreaux d’une prison ?
Liberté, cesse de faire croire à l’enfant que tu existes, cesse de leurrer les peuples afin qu’ils s’entretuent, persuadés de te posséder aujourd’hui plus que le voisin.
L’enfant te coure après, te voyant fuir devant lui, sans doute jusqu’à sa dernière heure, où de nouveau tu pointeras ton nez pour lui laisser faire de ses os, de sa chair, de son sourire, de son cerveau, ce que les autres ont décidé et qui ne sera plus rien !

YOUR FREEDOM, CHILD OF PROGRESS

They have lesser freedom than our children?

Where is the freedom of the child who is born without having decided it .

Where is his freedom to scream the violence, which meets him as soon as he leaves his nest.

Where is his freedom to have to cover himself with a whole range of clothing, each one more aggressive than the other?

Where is his freedom to eat, when his mouth only knows the softness of the wave  ?

Where is his freedom to breath when the air which enters him, by force, smells of tar and mould?

Where is his freedom to roll a diaper around himself, which moves his legs apart?

Where is his freedom to hear shouting and foolishness, without having, ever again, a filter to steer it away ?

Where is his freedom, to be deprived of a lullaby to lull him to sleep  ?

Where is his freedom to refuse these ten thousand objects which protects him from apprentice ships ( espace)?

Where is his freedom to refuse the security imposed on him, and yet, will never keep at bay, the realities of life  ?

Where is his freedom to ask for emptiness, which only the dreams he is looking for, can fill?

Where is his freedom to grow up without the stares from others, telling him what to do  ?

Where is his freedom to build himself rather than the dictation received from ( espace) adults who, think they know all, deciding for him, from an avalanche of objects such as… prison bars  ?

Freedom, stop making the child believe you exist, stop deceiving people in order for them to kill each other. Persuaded that they have the right on you, more than their neighbour.The child runs after you, seeing you escaping him, most probably until his dying day where, once again, you may well appear, letting him do with his bones, with his smile, with his brain, that which they have decided, and will be, nothingness for ever!

JIGME, TIBETAIN DU LADAKH

enfant tibétain, photo florence jeanIl est des souvenirs qui tapissent la mémoire de parfums, de sons et d’images. Ceux-là ont la force d’une aventure qui se revit sans fin parce qu’au milieu existait l’autre, celui qui ouvre les portes de sa vie pour un moment d’exception.

Il s’appelait Jigme : un nom et glisse un visage au milieu d’un sommet qui fuyait vers le ciel sans se laisser conquérir. Il s’appelait Jigme, le symbole de la hardiesse, de la témérité, celle qui avait dû être la sienne pour vivre sa vie si courte et si dense.

Il était né dans un village entre l’âne et le dzo, protégé du gel tout l’hiver par un manteau de yak. Il était né d’une mère rêche et rieuse aux rides déjà profondes. Des rides que l’air pur et incisif creuse dès la jeunesse pour se présenter plus vieux et  plus sage.

Sa mère avait rit avec lui autour d’un foyer qui ne devait jamais s’éteindre. Elle lui apprenait déjà son savoir, sans écrit puisque les moulins à prières confiaient leurs mots depuis toujours. Elle lui apprenait la terre comme la plus belle peinture qui se dessine entre des carrés de pierres. Elle lui apprenait le labeur les matins de printemps.

Il tournait en chantant autour du cercle de labour, pour que le dzo tire et tire encore la herse dans un sol trop dur. Il traçait les sillons qui devenaient création afin que les mois ne soient jamais exsangues de nourriture. Il ramassait la manne que le yak et l’âne avaient laissée, pour que le feu ne meure jamais. Il partageait le rire et les histoires que le soir venu les anciens racontaient. Il avait grandi fort et courageux et les moines, la haut dans leurs monastères plein de vie, lui avait donné l’envie de découvrir le monde. Son savoir était grand, mais sa curiosité n’avait de cesse d’étancher sa soif.

Un jour il était parti, ce jour là les vallées s’étaient déroulées sous ses pieds jusqu’à la plaine du Gange. Bruit et chaleur l’avaient assailli, la moiteur il ne la connaissait pas plus que les milliers de pieds qui ensembles martèlent le macadam. Il s’était trouvé un chemin de fortune, un chemin  auprès de ses frères tibétains, exilés trop loin de leur contrée. Il avait bu le savoir de l’université jusqu’à se rassasier, mais là-bas l’Himalaya l’appelait, sa racine de toujours. La vallée silencieuse, que les sommets gardaient secrête, suscita ses cris un jour de juin. Des cris de retour, des cris de retrouvailles, des cris d’essentiel d’une contrée qui savait le garder.

La route s’était faite aussi courte que son besoin de vérité. La route l’avait porté très vite vers les enfants de son village. Il les avait pris auprès de lui, entre histoires et écrits, afin que jamais le désir ne leur vienne d’abandonner leurs richesses. Une richesse qui l’avait frappé aussi fort que le son du gong qu’il entendait chaque jour allongé sur sa couche. Depuis, son regard s’éblouissait de la pureté de son Himalaya bien aimé.

HIMALAYA, LA NUBRA

la nubra valleyLa bise  portait dans le vent la voix du mystère qui scandait ses vocalises dans la poussière du froid.

Il devait être tôt, assez pour que la glace se taise sous le couloir neigeux.

Il devait être tard, bien après que le rêve ait cessé pour se lover dans la réalité.

Il était cet instant où les mots se taisent, où le regard se voudrait d’éternité, où le mystère s’ouvre enfin. Juste une illusion, avant de le mener vers un autre plus infini que lui .

Il était cet instant où surgissait du mur de l’Himalaya une vallée de désert, profonde et silencieuse. Seul le vent racontait son histoire dans une sécheresse qui craquait les lèvres engourdies.

Il racontait des rires chatoyants derrières les gouttelettes du torrent qui lavait le tapis d’un enfant.

Il racontait des yeux limpides et noirs au bord de joues cuivrées, rougies par des matins de gel.

Il racontait deux mains qui se réchauffent  en s’enroulant sur un bol tendu comme une offrande.

Le toit du monde s’était paré de la lumière des justes, il gardait enfoui dans les replis de ses sommets, les pierres invisibles de ses prières.

Marcher était devenu autre, comme un pas qui s’ignore pour réclamer la vie. Marcher vers ceux qui gardent la magie des interrogations subtiles, sans leurs demander raison. Marcher vers ceux que les jours exaltés d’étincelles courbent sur une terre trop dure.

Ils étaient dix, puis vingt, puis trente, autant que leurs ânes chargés de vivres qu’ils guidaient vers un sommet sans nom. Ils étaient joie, curiosité, surprise.

Ils étaient une rencontre, la seule, l’unique, celle qui se taie pour qu’ils existent toujours, loin de nos compréhensions.

Vieillesse , personne ne peut te fuir !

Elle reste dans la vie de tous

La vieillesse nous attend, tôt ou tard elle nous concerne, et  comment ne pas lui dire merci, quand mourir jeune est une histoire qui se finit avant de s’être épanouie pour se raconter.

La vieillesse, qui fait partie de nous, a toujours eu un symbolisme fort. Les représentations s’y sont associées au court des siècles, et des cultures, entre réalité et imaginaire. Le sage et sa barbe blanche, le maître qui transmet ses apprentissages au jeune qui boit ses paroles. L’ancêtre qui se respecte dans maintes religions ou philosophie. En Asie, il est présent et  trône dans un temple qui le protège, qui protège  et respecte ce qu’il laisse derrière lui.

Ici ou ailleurs, la vieillesse se fait douce au coin du feu, quand l’enfant a le visage levé vers un regard de bienveillance qui lui raconte la vie avant sa naissance

Oui parfois l’ogre pour nous rapeler que l’aïeul peut aussi être la face inverse de la sérénité, de la bonté. Mais l’ogre symbolise le mal qui doit être représenté dans la vieillesse au risque de voir la société se fourvoyer par idéalisme primaire.

Que reste-t-il aujourd’hui de la vérité de ces images ? rien, le néant :

Des vieux qui pleurent dans les hospices, parqués ensembles et seuls. Des vieux qui tombent sans qu’on les ramasse, des vieux qui subissent la maltraitance dans des hopitaux qui n’écoutent plus. Des vieux qui crient, qui hurlent, la négation de leur existence, de ce qu’ils ont été, de leur utilité par transmission de leurs apprentissages. Des vieux qui veulent mourir et qui ne peuvent même plus . Des vieux, à qui l’on vole jusqu’à leur liberté de vivre leur dignité.

Il existait au coin de la rue une vieille dame, celle qui avait été jeune comme vous tous. Elle n’avait pas eu d’enfant, elle était merveilleuse, entre qualités et défauts, mais je l’écoutais comme la grand-mère que je n’avais jamais eu, et qui m’aurait laissée ce grand cadeau : m’apprendre ! Elle m’avait trouvée, comme la fille qu’elle aurait rêvée d’avoir.Vous l’avez enfermée, parce que ses rides vous dérangent, parce que son pas est trop lent, parce que ses mains sont desséchées.

Cette femme, qui n’existe plus au  coin de la rue, c’est vous demain, et il sera trop tard pour que vos cris s’entendent !

Old age, no one can run away from you!

Old age is waiting for us; sooner or later it concerns us and, how not to be thankful, for, to die at a young age is to end a story which didn’t have time to bloom, to be told.

Old age, a part of us, has always had a strong symbolism. Representations have been associated with it, for centuries, and cultures, between reality and imaginary: The Wise man, with his white beard, the master who transmits apprenticeships to the young who, lap up every word. And Ancestors, true to their religions or philosophy.

In Asia, seated, there in a Temple which protects him, or rather, protects the respect of what he leaves behind.

Here or elsewhere, old age is sweet, sitting beside the chimney fire where, a child, looks up to this face, full of benevolence, telling of life, before the child’s birth.

Sometimes yes, the ogre reminds us that an ancestor can be also, the reverse side of serenity, of goodness. But, the ogre symbolises bad which is to be represented in old age with the risk of seeing Society mislead, by primary idealism. What’s left, today, of the truth from these images? Nothing, nothingness:

The elderly, crying in old people’s homes, parked together and alone, where no one comes to their rescue when they fall, undergoing ill treatment in hospitals where no one listens to them, any more. Old people who cry out, who yell, the negation of their existence, of when they were, utile in transmitting their apprenticeships. Old people who, want to die but, are not allowed. The choice of dignity is no longer theirs.

Once upon a time, an old lady, on the corner of a road, once had youth, like you and I. Childless, a wonderful person, not perfect, I listened to her, as the grandmother I never had, leaving me this wonderful gift: teaching! She saw me, as the girl she dreamt to be hers. Now confined, because, her wrinkles disturb, her steps are too slow, and her hands have become dry. This lady, who no longer is, on the corner of the road, is you and I, tomorrow. And it’s already too late, for others to hear our calls!