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    IL ETAIT UNE FOIS DOGY

    mai 14th, 2013

    Together « Il était une fois »

    Bonjour les enfants,

    Après un grand sommeil tout doux, je reviens vers vous pour vous parler encore. J’espère que vous avez trouvé le chemin pour écrire des lettres, le facteur il aime le papier, vous n’avez pas oublié ?

    « Il était une fois »: tous les contes commencent par cette phrase , en Anglais on dit : « once  upon a time « , vous connaissez l’anglais ? Je ne vous dirais rien de plus, c’est Mamiloux qui vous le dira, celle qui traduit mes mots pour les adultes et les enfants qui ne parlent pas français. Mais je vais vous raconter :

    la naissance de « Dogy »

    Il était une fois Mamiloux, une petite fille née en Angleterre, la grande ile, la haut, au nord de la France. Une ile avec sa tête qui regarde l’océan et ses pieds séparés de nous par une Manche toute froide, mais toute belle de ses vagues entre des falaises blanches.

    Mamiloux est venue vivre en France quand elle était déjà maman de deux petits garçons, et vous savez quoi ? Elle a appris notre langue toute seule, en écoutant. Vous aussi, vous pouvez apprendre la sienne.

    Aujourd’hui, tout plein d’années sont passées, et Mamiloux a trois petites filles de toutes les couleurs, les couleurs mélangées des pays du monde : l’Afrique, L’Asie, l’Europe. Elles sont toutes douces, toutes belles. Mais parfois Mamiloux  est triste parce que ses petites filles sont loin. Deux sont même très loin, très très loin, dans une ile aussi, avec la mer qui la sépare du sud de l’Afrique, vrai de vrai, parce que je ne mens jamais.

    Ne vous inquiétez pas, car Mamiloux trouve toujours la joie en aimant, et en donnant aux autres enfants, comme dans les orphelinats de Thaïlande, où elle est restée deux fois six mois. Parce qu’un orphelin, c’est celui qui n’a plus ni papa, ni maman, mais là bas, il a tout plein de « parents » comme Mamiloux, qui viennent pour s’occuper de lui.

    Aujourd’hui Mamiloux, elle vit dans une ville toute grande qui fait du bruit, trop de bruit pour Mamiloux, mais heureusement, près d’une mer toute bleu. Et pour donner encore, elle a trouvé un petit garcon tout rond, tout doux.

    Un jour, les enfants, ce petit garçon  a sorti de sa boite magique un petit chien en bois et Mamiloux l’a appelé : « DOGY ».

    DOGY  est né sous le signe de l’ AMOUR : il parle à tout le monde, tous ceux qui sont seuls et tristes, il leurs apporte les sourires, la joie, les rires aussi quand il se promène dans les rues.

    Vous savez quoi les enfants : Mamiloux en ce moment, elle a besoin aussi d’amour et de calme, comme moi ces derniers mois, pour être encore plus sage et pouvoir vous raconter .Alors Mamiloux, elle va prendre le papier pour écrire en regardant l’océan qui la fait rêver de ses petites filles. Le papier, comme les lettres avec vos dessins, que le facteur aime bien. Et Mamiloux, les enfants, je suis sure qu’elle fera danser les mots, en francais, en anglais, pour vous écrire des contes:

    LES CONTES DE DOGY !

    Chut ! : « c’est un secret », le papier est encore tout blanc, il va regarder la mer toute bleu, pour trouver des mots entre noir et blanc !


    Ta liberté enfant du progrès

    septembre 10th, 2012
    enfants

    auraient-ils moins de liberté que les nôtres ?

    Où est la liberté de l’enfant qui naît sans l’avoir décidé, où est sa liberté d’hurler la violence qui l’accueille, à peine sorti du nid, où est sa liberté de devoir se couvrir d’une panoplie de tissus plus agressifs les uns que les autres ?

    Où est sa liberté de manger quand sa bouche ne connaissait que la douceur de l’onde ?

    Où est sa liberté de respirer quand cet air qui rentre en lui de force sent le goudron et le moisi ?
    Où est sa liberté de s’entourer d’une couche qui lui écartèle les jambes ?
    Où est sa liberté d’entendre les cris, les niaiseries, sans qu’aucun filtre jamais plus ne les atténue ?
    Où est sa liberté d’être privé d’une histoire qui l’aurait bercé?
    Où est sa liberté de refuser ces dix milles objets qui le protègent de  ses apprentissages?

    Où est sa liberté de refuser la sécurité qu’on lui impose et qui ne l’épargnera jamais des réalités de la vie ?

    Où est sa liberté de réclamer le vide qui seul peut le remplir des rêves qu’il se cherche ?
    Où est sa liberté de grandir sans le regard d’autrui qui lui dicte sa conduite ?
    Où est sa liberté de se construire en dehors d’une dictature d’adultes qui croient tout savoir et tout décider pour lui, dans une avalanche d’objets comme les barreaux d’une prison ?
    Liberté, cesse de faire croire à l’enfant que tu existes, cesse de leurrer les peuples afin qu’ils s’entretuent, persuadés de te posséder aujourd’hui plus que le voisin.
    L’enfant te coure après, te voyant fuir devant lui, sans doute jusqu’à sa dernière heure, où de nouveau tu pointeras ton nez pour lui laisser faire de ses os, de sa chair, de son sourire, de son cerveau, ce que les autres ont décidé et qui ne sera plus rien !

    YOUR FREEDOM, CHILD OF PROGRESS

    They have lesser freedom than our children?

    Where is the freedom of the child who is born without having decided it .

    Where is his freedom to scream the violence, which meets him as soon as he leaves his nest.

    Where is his freedom to have to cover himself with a whole range of clothing, each one more aggressive than the other?

    Where is his freedom to eat, when his mouth only knows the softness of the wave  ?

    Where is his freedom to breath when the air which enters him, by force, smells of tar and mould?

    Where is his freedom to roll a diaper around himself, which moves his legs apart?

    Where is his freedom to hear shouting and foolishness, without having, ever again, a filter to steer it away ?

    Where is his freedom, to be deprived of a lullaby to lull him to sleep  ?

    Where is his freedom to refuse these ten thousand objects which protects him from apprentice ships ( espace)?

    Where is his freedom to refuse the security imposed on him, and yet, will never keep at bay, the realities of life  ?

    Where is his freedom to ask for emptiness, which only the dreams he is looking for, can fill?

    Where is his freedom to grow up without the stares from others, telling him what to do  ?

    Where is his freedom to build himself rather than the dictation received from ( espace) adults who, think they know all, deciding for him, from an avalanche of objects such as… prison bars  ?

    Freedom, stop making the child believe you exist, stop deceiving people in order for them to kill each other. Persuaded that they have the right on you, more than their neighbour.The child runs after you, seeing you escaping him, most probably until his dying day where, once again, you may well appear, letting him do with his bones, with his smile, with his brain, that which they have decided, and will be, nothingness for ever!


    QUAND LA COLONISATION SE TRAVESTIT

    février 12th, 2011

    P1010449, photo inde Ils se sont appelés missionnaires, leurs croisades trouvaient dans la religion un moteur pour tuer, pour convertir, pour asservir, afin d’asseoir pouvoir et argent. L’église et l’Etat trouvaient ensemble le chemin de la colonisation.

    De ces missionnaires naissaient bel et bien la main mise sur des peuples qu’ils considéraient comme inférieurs.

    Un aparté significatif :

    Il existait des convaincus, citons en exemple les Jésuites à la cour de Péki,  qui n’est pas sans poser ce constat sur l’Art comme outil de communication: « ils ont mieux réussi que les Vicentins dans leur endoctrinement culturel par l’emploi des arts, des sciences, et de la technologie, auprès de la cour impériale » (encyclopédie Vicentine)

    L’expulsion par la Chine des derniers missionnaires vient, entre autres choses, du constat que les progrès de l’Occident n’impressionnaient plus les Chinois.

    De la s’explique que la colonisation ne laisse pas derrière elle les mêmes dégâts  de rapport « maître et esclave ». Ces dégâts qui courent encore dans trop de pays actuellement.

    Pour asseoir le paternalisme en second, il faut conjugaison d’un terrain laissé en friche, d’un sentiment fort de supériorité, autant culturelle que technologique et religieuse.

    Un exemple : l’Art Khmer longtemps décrié, encore trop méconnu quant à sa valeur historique, culturelle et sociale, n’a trouvé sa reconnaissance que dans le début des années 1930 et ce pour être pillé. N’oublions pas que Malraux, responsable de ce délit grave en 1923, sortit indemne de sa condamnation à deux ans de prisons ! Le musé Guillemet à Paris, lors de l’exposition Khmer 97-98, qui faillit ne pas voir le jour, prêta 47 œuvres khmer pour 64 par le Cambodge. Comment ne pas s’interroger sur cette forme d’affirmation de notre droit à détenir autant d’œuvres sur notre sol, d’œuvres faisant partie intégrante de l’histoire de pays que l’on a spoliés et que l’on contemple du haut de notre supériorité, si ce n’est de notre condescendance.

    Comment ne pas s’interroger sur ce phénomène de la fin du vingtième siècle qui voit reconnaître enfin la grandeur de civilisations anciennes dans nos ex-colonies, et dans le même temps déconsidérer leurs civilisation d’aujourd’hui ? N’est-ce pas le même homme, la même femme ? Les mêmes artistes, doués donc des mêmes capacités, des mêmes traditions culturelles?

    Ce qui est intervenu entre les deux, pour faire court, n’est pas autre chose que l’asservissement et la pauvreté, qui eux retirent la confiance, et l’affirmation possible de leurs capacités réelles.

    L’ancien colonisateur ne sort plus de son schéma, imprégné d’un sentiment de supériorité et l’ex-colonisé oscille entre un sentiment d’infériorité, et l’attrait de la ressemblance pour être enfin reconnu.

    Qui peut répondre aujourd’hui de ce que ces civilisations seraient devenues sans le passage sur de longues années des pays d’Occidents ?

    Qui peut affirmer aujourd’hui le positif apporté, puisqu’en leur donnant des routes ou des écoles.. nous leur avons retiré l’essence même de leur culture, de leur âme.

    Que leur reste-t-il aujourd’hui que de se battre pour se nourrir, et nous savons que dans la pyramide des besoins le stade recherche de la nourriture ne peut induire la création.

    Je citerai un exemple concret du modèle paternaliste et pervers qui perdure  aujourd’hui, et qui va à l’encontre d’aider ces civilisations à s’affirmer, et retrouver leur richesse culturelle.

    « Anne Charlotte » est expatriée depuis des années sur le sol de Singapour, fausse artiste à ces heures entre des ordres qu’elle dicte à sa maid (bonne à tout faire). Elle s’invente peintre sur des laques Birmanes, façonne des bougies sur un modèle Vietnamien. Elle part dans ces pays, loge, bien entendue, dans un grand hôtel aseptisé, mais se targue d’aller à la rencontre et de faire connaître ces femmes Birmanes ou Vietnamiennes qui, elles, travaillent 12 heures par jour et créent comme de vraies artistes.

    Ces femmes vendent leurs œuvres, sur le sol de leur pays, entre 25c et 50c à Anne Charlotte, Cette dernière les revend 10 dollars sur le sol de Singapour ! Mais dit-elle : elle véhicule leur art, mais dit-elle : elle leur permet de travailler ! Non elle les spolie bel et bien ! Il n’existe point d’échange entre deux formes d’art.  Anne Charlotte expose aussi « ses œuvres » entachés d’exotisme devant des occidentaux  qui s’extasient, méconnaissant le plus souvent leur origine !

    Connaît-elle profondément leur création : non !

    Des Anne Charlotte, il en existe des milliers aujourd’hui, nouvelle forme de colonialisme de l’Asie, l’Afrique et L’Amérique du Sud.

    Dame patronnesse d’Occident, plus perverses que les missionnaires d’hier. Leur aveuglement, lié à l’affirmation de leurs idées religieuses, politiques et sociales, va de pair avec le désir d’imposer leur schéma à ces pays.

    Un moyen de résister et d’aider à reconnaître les cultures ancestrales et riches, d’Asie, Afrique , Amérique, est de ne pas oublier cette évidence :

    Notre enveloppe n’est rien, elle peut varier dans son apparence et ses expressions, mais le fond de l’être humain reste le même. Il nous appartient de laisser nos croyances pour aborder la différence sans jugement.

    Le chemin vers l’autre, dans l’espace de similitudes basé sur l’essence même de la vie, laisse la place à l’écoute. Une écoute qui s’ouvre pleine et entière sur la compréhension et l’apprentissage de la richesse culturelle de l’autre avec humilité.

    WHEN COLONISATION IMPERSONATES

    They called themselves missionaries, their crusades finding, by means of religion, a driving force to kill, convert and enslave, in order to establish power and money. The church and the State together, found the path of colonisation.

    From these missionaries, derived the appropriation on the nation they considered, inferior.

    A significant aside :

    The convinced ones, did exist, stating as example, the Jesuits at the court of Peking, and answerable of the remark on Art, as a communication tool: “they were more successful than the “Vicentins” in their cultural indoctrination, by employing arts, sciences, and technology in the imperial court” (the Vicentine encyclopaedia)

    One of the reasons of expulsion, by China, of the last missionaries, arises from the  observation that Westerner’s progress, no longer impressed the Chinese. Hence the explanation that colonisation, doesn’t leave behind the same “wrong” in “master and slave relationship”. Wrong, still actually circulating, in far too many countries.

    To establish the paternalism as second, needs conjugation of a fallow field, a strong feeling of superiority, as much cultural, as technological and religious.

    An example: Khmer Art, has, for a long time been brought down, too little known in regards to it’s historical, cultural and social value, not finding recognition before the early thirties and only to be looted. And not forgetting Malraux, responsible for this serious offence in 1923, found guilty, only to get off lightly with, a two year imprisonment ! The Guillemet museum in Paris, at the time of the Khmer exposition 97-98, which almost didn’t occur, lent 47 Khmer works for 64 by Cambodia.

    How to not question this kind of affirmation, on the right to keep in hold, on our territory, so many oeuvres which are an integral part of history of a country we have despoiled, and which we contemplate from the hight of our superiority, if not our condescension.

    How can we not question ourselves on this phenomenon of the late twentieth century which, recognises, at last, the greatness of ancient civilisations, in our ex colonies and, at the same time, disregard their today’s civilisations ? Is it not the same man, the same woman? The same artists, doted with the same capacities, the same cultural traditions? In brief, that which stepped in between, is nothing other than enslavement and poverty both of which, take away confidence and a possible affirmation of their real capacities.

    Yesterday’s colonialist, cannot break away from it’s schema, impregnated with a sentiment of superiority, while the ex colonised, oscillates between a sentiment of inferiority and the lure of resemblance, to be at last, recognised. Today, who can account for the outcome of these civilisations, had the passage of Occidental countries, over the last many years, not occurred ?

    Who, today, can affirm the positive, brought in giving them roads or schools, for, in doing so, we have taken from them, the very essence of their culture, their soul.

    What do they have left, today, but a struggle in finding nourishment, knowing that, in the pyramid of needs, the state of “search for nourishment”, induces creation.

    I will give a concrete example of a paternalist pervert model, perdurable, going against helping these civilisations to, affirm themselves and to find, once more, their cultural wealth.

    “Anne Charlotte” is an expatriate, living in Singapore for many years and, considers herself,an artist, when it suits her, in between giving orders to her maid (who does all).  She invents herself, a painter, on Burmese lacquers, makes candles based on a Vietnamese model.

    She travels to these countries and, of course, stays in the best sanitised hotels, but prides herself in making known these Burmese and Vietnamese women she goes to meet and who, work 12 hours a day, creating as veritable artists. These women sell their oeuvres from where they live, between 25 and 50 centimes, to Anne Charlotte who, resells them for 10 dollars in Singapore! But, she says: vehicles their art and, in doing so, allows them to work ! No, she quite simply despoils them! Their being no exchange, between two forms of art. Anne Charlotte also, exposes “ her art”, tainted by exoticism, to westerners, the majority of who, do not know their origin !

    Does she sincerely know of their creation: no !

    There are thousands of people like Anne Charlotte, existing today, a new form of, Asian African and South American colonialism.

    The occidental Lady patroness, even more perverse than were yesterday’s missionaries. Their blindness, blended with the affirmation of their religious, political and social ideas, hand in hand with the desire to impose their schema to these countries.

    A way of resisting and helping to recognise their rich, ancestral cultures of Asia, Africa and South America, is to not forget this evidence: Our envelope is nothing, it can vary in it’s appearance and expressions but the base of the human being, remains the same. It’s up to us to leave aside our beliefs to approach difference, without judgement.

    The path towards the other, within the sphere of similarity, based on the essence of life allows, “listening”, A listening based entirely on comprehension and apprenticeship of the other’s cultural wealth, with humility.

    .


    MICHEL ANGE, LA CHAPELLE SIXTINE

    octobre 27th, 2010

    h-4-1021283, chapelle sixtineIl existe au plafond de la chapelle Sixtine la main de Dieu forte et racée qui impose la lumière pour enfanter Adam. Poigne puissante, aux doigts qui s’oublient dans les nœuds de leurs muscles, elle subjugue le passant qui se perd dans sa beauté.

    Nonchalant et triste, d’un regard alanguit, Adam hésite au bord des doigts qui se prolongent vers un touché pas tout à fait aboutit.

    Des mains qui expriment plus encore qu’un visage : un nerf s’est fait sillon pour creuser d’émotion une paume enroulée. Un poignet se casse, incrustant dans la douceur d’un bras tendu la magnificence de la création.

    Père qu’un fils aurait perdu, chaque parcelle de deux index qui se cherchent, éloigne et  relie un amour indécis.

    Peinture comme une sculpture emprunte de réalité, elle oscille entre le velouté de la peau et la grâce merveilleuse d’un corps effleuré.

    Sur le chemin de la découverte, envoûté par le mouvement au delà de la peinture, on s’interroge sur le mystère de ces phalanges inspirées de religion.

    Génèse qui suinte de féminité, l’art  transpose sa parole à la pointe de deux bras qui se reconnaissent sans s’attacher.

    Ressentir, sentir et se perdre dans l’extraordinaire de courbes indéfinissables pour ne jamais vraiment savoir dans l’humain qui de l’homme ou de la femme a inspiré le maître.


    JIGME, TIBETAIN DU LADAKH

    octobre 20th, 2010

    enfant tibétain, photo florence jeanIl est des souvenirs qui tapissent la mémoire de parfums, de sons et d’images. Ceux-là ont la force d’une aventure qui se revit sans fin parce qu’au milieu existait l’autre, celui qui ouvre les portes de sa vie pour un moment d’exception.

    Il s’appelait Jigme : un nom et glisse un visage au milieu d’un sommet qui fuyait vers le ciel sans se laisser conquérir. Il s’appelait Jigme, le symbole de la hardiesse, de la témérité, celle qui avait dû être la sienne pour vivre sa vie si courte et si dense.

    Il était né dans un village entre l’âne et le dzo, protégé du gel tout l’hiver par un manteau de yak. Il était né d’une mère rêche et rieuse aux rides déjà profondes. Des rides que l’air pur et incisif creuse dès la jeunesse pour se présenter plus vieux et  plus sage.

    Sa mère avait rit avec lui autour d’un foyer qui ne devait jamais s’éteindre. Elle lui apprenait déjà son savoir, sans écrit puisque les moulins à prières confiaient leurs mots depuis toujours. Elle lui apprenait la terre comme la plus belle peinture qui se dessine entre des carrés de pierres. Elle lui apprenait le labeur les matins de printemps.

    Il tournait en chantant autour du cercle de labour, pour que le dzo tire et tire encore la herse dans un sol trop dur. Il traçait les sillons qui devenaient création afin que les mois ne soient jamais exsangues de nourriture. Il ramassait la manne que le yak et l’âne avaient laissée, pour que le feu ne meure jamais. Il partageait le rire et les histoires que le soir venu les anciens racontaient. Il avait grandi fort et courageux et les moines, la haut dans leurs monastères plein de vie, lui avait donné l’envie de découvrir le monde. Son savoir était grand, mais sa curiosité n’avait de cesse d’étancher sa soif.

    Un jour il était parti, ce jour là les vallées s’étaient déroulées sous ses pieds jusqu’à la plaine du Gange. Bruit et chaleur l’avaient assailli, la moiteur il ne la connaissait pas plus que les milliers de pieds qui ensembles martèlent le macadam. Il s’était trouvé un chemin de fortune, un chemin  auprès de ses frères tibétains, exilés trop loin de leur contrée. Il avait bu le savoir de l’université jusqu’à se rassasier, mais là-bas l’Himalaya l’appelait, sa racine de toujours. La vallée silencieuse, que les sommets gardaient secrête, suscita ses cris un jour de juin. Des cris de retour, des cris de retrouvailles, des cris d’essentiel d’une contrée qui savait le garder.

    La route s’était faite aussi courte que son besoin de vérité. La route l’avait porté très vite vers les enfants de son village. Il les avait pris auprès de lui, entre histoires et écrits, afin que jamais le désir ne leur vienne d’abandonner leurs richesses. Une richesse qui l’avait frappé aussi fort que le son du gong qu’il entendait chaque jour allongé sur sa couche. Depuis, son regard s’éblouissait de la pureté de son Himalaya bien aimé.


    HIMALAYA, LA NUBRA

    octobre 19th, 2010

    la nubra valleyLa bise  portait dans le vent la voix du mystère qui scandait ses vocalises dans la poussière du froid.

    Il devait être tôt, assez pour que la glace se taise sous le couloir neigeux.

    Il devait être tard, bien après que le rêve ait cessé pour se lover dans la réalité.

    Il était cet instant où les mots se taisent, où le regard se voudrait d’éternité, où le mystère s’ouvre enfin. Juste une illusion, avant de le mener vers un autre plus infini que lui .

    Il était cet instant où surgissait du mur de l’Himalaya une vallée de désert, profonde et silencieuse. Seul le vent racontait son histoire dans une sécheresse qui craquait les lèvres engourdies.

    Il racontait des rires chatoyants derrières les gouttelettes du torrent qui lavait le tapis d’un enfant.

    Il racontait des yeux limpides et noirs au bord de joues cuivrées, rougies par des matins de gel.

    Il racontait deux mains qui se réchauffent  en s’enroulant sur un bol tendu comme une offrande.

    Le toit du monde s’était paré de la lumière des justes, il gardait enfoui dans les replis de ses sommets, les pierres invisibles de ses prières.

    Marcher était devenu autre, comme un pas qui s’ignore pour réclamer la vie. Marcher vers ceux qui gardent la magie des interrogations subtiles, sans leurs demander raison. Marcher vers ceux que les jours exaltés d’étincelles courbent sur une terre trop dure.

    Ils étaient dix, puis vingt, puis trente, autant que leurs ânes chargés de vivres qu’ils guidaient vers un sommet sans nom. Ils étaient joie, curiosité, surprise.

    Ils étaient une rencontre, la seule, l’unique, celle qui se taie pour qu’ils existent toujours, loin de nos compréhensions.


    NOMADE

    septembre 22nd, 2010

    Nubra vallée, laddackDans la mouvance d’un monde qui se love dans le cocon du matériel, le nomade cherche son chemin.Les frontières disparaissent mais s’affirment entre contrôles et urbanisation galopante. Comment peut-il survivre, lui que sa liberté mène au gré du vent. Nomade de cœur pour un lendemain qui ne se décide jamais dans l’avant. Lui qui vit des rencontres sur sa route, entre chaleur humaine et nourriture. Lui qui vit sur des racines mobiles, faites de légendes et d’histoires, qui se reconnaissent communes. Lui qui vit par delà les villes, par delà les pays, sans s’y intégrer, juste les saluer sur son passage pour parfois leur offrir sa culture.

    Le nomade ne veut pas des barrières de lieu et d’identité, ses barrières à lui sont dans les règles de son peuple, quelque soit ce peuple, ce peuple qui  ne se réclame jamais d’un territoire limité.

    Nomade et des ancêtres qui n’ont de racines que l’histoire des contrées traversées, sans se départir du sens de leur culture. Nomade et c’est cette insécurité qu’il ne ressent jamais, mais qui ouvre la porte au hasard et ce qu’il offre. La liberté d’un renouveau permanent qui se paye cher puisqu’il est dénué de certitude d’avenir. Un rêve pour beaucoup  sans oser le vivre.

    Se sédentariser, et c’est la fin d’une chaîne continuelle qui mène le nomade d’une aventure à l’autre. C’est pour lui la prison, celle de quatre murs qui ne doivent plus changer. Celle d’un moule imposé où la routine l’étouffe comme un manque d’air.

    Dans le monde d’aujourd’hui, le nomade peut-il survivre puisque les clés ferment les portes, puisque l’artisanat n’existe plus. Puisque la peur calfeutre chacun au plus profond de son confort qu’il veut éternel. Sans doute le désert, qu’il soit neige ou sable en certains coins du globe,  demeure pour quelque temps encore le  seul capable de protéger celui qui ne sera jamais autre chose que nomade.

    Nomade n’est pas un état de fait, mais un profond état d’esprit qui dérange forcément celui qui ne lui ressemble pas. Il ne peut devenir autre, cet autre qu’on voudrait qu’il soit sans risquer de mourir.


    Immigration, un parfum d’eugénisme !

    juin 29th, 2010

    photo Inde, Calcuta Florence Jean L’immigration nait  forcément de la complexité d’un monde surpeuplé, doublé d’une panoplie de  pays divers, aux histoires, cultures, et niveaux de vie différents ? Qui dit immigration, dit minorités .

    Comment notre société peut-elle appréhender ses minorités, sans prendre conscience qu’elles peuvent  nous enrichir de leur culture, si la porte vers leurs dissemblances est ouverte, après les avoir  acceptés dans une « égalité d’être. »

    Pour se faire il semblerait, entre autres, qu’il faille se projeter au-delà de l’image première que nous en recevons. Un monde d’aveugles n’aurait probablement pas le même besoin de tracer des frontières, ou ces frontières seraient basées sur des critères sans comparaisons avec ceux que nous connaissons.

    Quel est donc le chemin pour aborder l’immigration qui de tout temps, soyons honnête, trouve sa source majeure dans l’exploitation de la pauvreté. Une immigration incontournable donc, et qui ne peut cesser dans la réalité du monde d’aujourd’hui.

    Un constat :

    Rare est celui qui migre par curiosité ou plaisir de découverte d’une autre culture que la sienne. Rare est celui qui migre sans la nécessité de travail qui est source de vie. Celui qui migre, garde au fond de lui un sentiment d’exil dû à l’abandon de ses racines. Pour combler ce vide, voire cette insécurité, l’immigré se tourne forcément vers ses pairs.

    Il n’est aucune nationalité qui échappe à ce constat, tout simplement par besoin, pour le plus grand nombre, de la sécurité des repères et références, similaires dans un même pays.

    Comment de ce fait travailler sur la capacité d’intégration ?

    Il serait approprié de travailler sur l’enrichissement qu’apportent les disparités après les avoirs reconnues . Reconnues, car l’individu ne peut s’enrichir de l’autre si la peur ou la supériorité  interviennent avant la curiosité.

    Mais pour que cette curiosité agisse, il est nécessaire que soient mises en exergue sa culture et son histoire.

    Égalité « d’être » et curiosité sont donc le secret qui trace un pont entre deux étrangers.

    Hors aujourd’hui,j’entends parmi les régularisations proposées, en vue d’une  » immigration choisie  » des critères effrayants qui prônent la disparition totale de la culture de « l’immigré » dès l’enfance (...ancienneté de la présence de l’enfant, abscence de lien avec le pays d’origine, ignorance de la langue de ce pays…)

    Mais évidement,la solution est là ! plus de problèmes, négation totale de toute culture différente de la notre : quel beau pays  facile à manier !

    Comment pouvons nous en arriver là ? comment même parler d’immigration ? Ne s’agit-il pas  bel et bien d’obligation de transformer tout individu qui rentrerait sur le territoire Français en copie conforme de ce que nous sommes ? Et ce que nous sommes, n’est-il pas d’avance considéré comme supérieur , langue , culture , histoire ?

    L’objectif de Galton,( père de l’eugénisme moderne ) n’était pas d’améliorer l’espèce humaine en général, mais d’assurer le développement et la prédominance des êtres humains qu’il jugeait supérieurs….

    Racines, gènes , quelle résonance !

    Un parfum d’eugénisme monte dangereusement, celui redoutable qui trouve la solution de l’intégration, entente, obéissance, dans un moule unique, d’où on exclue toutes disparités !

    Deviendra-t-il le parfum du monde  de demain ?


    « CET AUTRE » au delà de nos différences !

    juin 8th, 2010
    Florence a immortalisé l'éclat de ce visage de femme !

    Florence a immortalisé l'éclat de ce visage de femme !

    Les cultures multiples, qui portent en elles nos différences, restent malgré tout similaires dans leur rouage profond. On y retrouve chaque fois l’être humain, qui malgré sa complexité infinie, voire incompréhensible, cache une simplicité liée aux mêmes besoins incontournables, qui le rendent universel.

    Qu’un homme se croit différent et il découvre vite que son voisin lui ressemble. Ce voisin qui lui raconte son histoire, il s’y retrouve et le sourire, le bien être, naît de ce partage .

    Assise sur un trottoir de Birmanie, une femme dont tout me séparait me racontait sa vie. Sans doute n’allait-elle jamais quitter ce trottoir qui lui donnait sa raison d’être, et pourtant elle me ressemblait. Ses yeux bruns et bridés parlaient aux miens bleus et ronds, sa peau matte se reflétait sur la mienne, blanche et tachée . Elle enviait ma beauté me touchant de sa main légère, j’enviais la sienne et nos paroles ont chanté pour couvrir les bruits de la capitale. Nos rires aussi qui traduisaient combien l’instant nous réunissait dans l’oubli de nos oppositions apparentes. Son histoire et ses mots devenaient miens, mon histoire et mes mots devenaient siens. Peu importe combien le paysage différait, nous étions sœurs par nos réactions devant la vie. Nous étions sœurs dans notre regard sur les autres et la nature. Soeurs dans notre désir profond de comprendre l’autre avant tout. Même notre enfance n’était pas si loin l’une de l’autre, en acceptant de laisser de coté la scène pour fouiller dans les coulisses de notre existence. Chaque fois que notre réflexe spontané nous guide vers nos disparités , j’aime que l’on puisse aller au-delà, afin de se rejoindre .

    Notre enveloppe est celle de la marionnette, elle peut être multiple dans son apparence et ses expressions, cependant  la main et le cœur qui l’animent reste toujours les mêmes  !

    Le chemin vers l’autre, dans cet espace de similitudes basées sur l’essence même  de la vie, laisse la place à l’écoute . Une écoute qui s’ouvre pleine et entière sur la compréhension et l’apprentissage.


    MYANMAR

    mai 6th, 2010

    Bagan

    Bagan

    Pays qui fait parler l’un l’autre pour un jugement certain d’un régime qui a de quoi rester suspect. Mais qu’en est-il de ce coin du monde ? Le voir c’est sans doute écouter Nyein, un guide pas comme les autres, là est son métier aujourd’hui. Un homme extraordinaire qui fut un jour ingénieur, mais qui a dû laisser sa vocation car sa soeur avait épousé un Anglais.

    Il aurait pu s’exiler, mais pourquoi l’aurait-il fait, il a préféré rester. Un érudit passionné par son nouveau travail qui lui apporte parfois la rencontre avec l’autre, celui sait qui s’attarder et entendre  l’amour de son pays et le respect de ce qu’il a à lui apprendre.

    Alors les jours s’installent sans heurt, des jours à l’écouter au gré des marches tranquilles, entre les centaines de temples de Bagan. Un lieu d’éternité rempli d’histoires qu’il nous offre quand le temps n’est pas compté. Parfois le détour d’un chemin ouvre les portes d’un hameau qui n’a jamais vu d’individus à la peau blanche. Le bonheur prend la forme des femmes qui suivent les enfants blonds, leurs rires résonnants entre les bambous tressés de leur maison. Une vieille édentée porte à sa bouche un cigare de maïs, seul éclairage la nuit venue, et dont les braises retombent avec grâce, dans une moitié de noix de coco. Elle insiste pour partager ces feuilles enroulées, et se réjouit de la toux qu’elles provoquent. Mais son plaisir est encore plus grand, quand elle peut garder près d’elle l’enfant aux cheveux de blé qui a bien voulu s’asseoir à ses cotés.

    Qui oserait lui donner, ce qu’elle n’a jamais demandé, verrait Nyein le priver d’une telle rencontre qu’il a pris le risque d’offrir.

    La poussière du dernier typhon, qui attend la mousson dans une chaleur torride, est étrangère sur les nattes. Jamais propreté n’est aussi frappante que dans ces maisons sur pilotis, lovées entre les arbres. Le buffalo est rentré pour l’heure du repas, sa journée est finie, il impose sa sieste sans que soit possible de le déloger. Les petits jouent, tout en faisant tourner l’âne qui doit piler le grain. Leurs yeux, éclatants de beauté, illuminent l’ombre qu’un toit précaire garde précieusement. Leurs frères et sœurs plus grands, partent la journée durant, garder les quelques chèvres qui les éloigneront de la faim. Nyien regarde attendri sa fille adoptive, une orpheline du village qui a trouver son père, un père qui aime son pays, et qui sait combien il faut le préserver du jugement hâtif de celui qui passe sans le voir.

    Le soir venu, le silence s’installe, perché sur la dernière marche d’une Stupa, perdue au milieu des autres. Le dernier rayon du soleil qui se couche dans une flambée d’ocre rouge surprend celui qui se tait pour entendre le chant de Myanmar.

    Pays où Bouddha se raconte au travers des années qui l’ont transformé, pays qui raconte la beauté de la nature qui donne tout, jusqu’au tissu qui couvre les ombrelles. Pays qui raconte combien il veut se préserver de notre monde, même si il crie lui-même sa liberté d’expression, et sa liberté d’apprendre dans des universités qui sont fermées depuis trop longtemps.