Random Post: UNE RENCONTRE: KATE !
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    IL ETAIT UNE FOIS 7

    juin 10th, 2014

    Photo inde florence, enfants des rues

    JARABI

    La petite fille attendait en rang de rentrer dans la classe pour le cours d’histoire. Elle avait grandit plus vite que les autres et sa taille dominait, malgré ses un an de moins. Ce matin la, l’histoire prenait des allures d’Henry IV, ne voulant plus lui restituer l’édit de Nantes qu’elle revoyait écrit à la page cinquante de son cahier.

    Ses pensées voyageaient loin de la classe et ses murs tristes, rejoignant son grenier où l’attendait le petit garçon, et les animaux morts qu’elle continuait de disséquer pour comprendre comment c’était dans leur corps, et dans le sien. Mais elle n’oubliait jamais de les enterrer en cachette dans le parc quand elle avait fini : des toutes petites tombes pour que personne ne les voit.

    Ce soir là, Ondine chantait avec des voiles de rideaux pour cacher ses cheveux trop courts que sa mère coupait toujours : elle s’inventait belle pour emmener le petit garçon dans ses rêves. Des rêves entre la mer et l’étang où elle partait parfois la nuit pour s’y baigner et dormir dans les grandes herbes.

    Elle avait treize ans et son coeur vibrait des paroles de Shakespeare pour que le petit garçon lui récite la lune quand elle brille sur l’eau.

    Le château ignorait toujours ses secrets et les mots qu’elle s’était mise à écrire, enfermés dans sa boite à trésor.

    Tout plein de mots pour raconter ce que personne ne voulait entendre et ceux pour Monsieur le  Chêne qui venait de la quitter.

    C’était un soir où le vent s’était mis à souffler très fort, si fort que les ardoises étaient tombées.

    Elle entendait grincer ses branches depuis son lit où l’orage la gardait les yeux grand ouvert, entre éclairs et tonnerre.

    Une tempête aussi grosse que sa peur de le perdre, parce qu’elle avait encore tout plein de questions depuis qu’il lui avait promis de raconter les Arts florissants, ceux après le Haut Moyen Age.

    Elle était sortie dans le parc en courant, son coeur remplit d’amour: elle entendit son tronc craquer et vit sa cime se coucher, ouvrant ses bras pour adoucir sa chute.

    Assise sous la pluie torrentielle, elle entendait une dernière fois ses paroles au milieu de ses larmes :

    -ne m’abandonnez pas Monsieur le Chêne

    -Soit courageuse petit fille, tu le sais que je serais dans tes pensées chaque fois que tu le voudras.

    Bientôt tu partiras du Château pour apprendre encore et découvrir le monde.

    Alors tu trouveras ceux qui croiseront ta route pour t’offrir aussi des moments d’amour.

    Tu sais petit fille, un jour le petit garçon de tes rêves sera peut-être l’homme que tu rencontreras, et qui te guidera loin des interrogations.

    Mon âge est grand petite fille, aussi grand que toutes les nuits et les jours où je t’ai parlée qui t’accompagneront.

    Ne soit pas triste, car cette heure est celle de mon repos.

    Elle était restée jusqu’au matin, où le lever du jour avait enfin apporté le calme, et la promesse du bonheur.


    QUAND LA COLONISATION SE TRAVESTIT

    février 12th, 2011

    P1010449, photo inde Ils se sont appelés missionnaires, leurs croisades trouvaient dans la religion un moteur pour tuer, pour convertir, pour asservir, afin d’asseoir pouvoir et argent. L’église et l’Etat trouvaient ensemble le chemin de la colonisation.

    De ces missionnaires naissaient bel et bien la main mise sur des peuples qu’ils considéraient comme inférieurs.

    Un aparté significatif :

    Il existait des convaincus, citons en exemple les Jésuites à la cour de Péki,  qui n’est pas sans poser ce constat sur l’Art comme outil de communication: « ils ont mieux réussi que les Vicentins dans leur endoctrinement culturel par l’emploi des arts, des sciences, et de la technologie, auprès de la cour impériale » (encyclopédie Vicentine)

    L’expulsion par la Chine des derniers missionnaires vient, entre autres choses, du constat que les progrès de l’Occident n’impressionnaient plus les Chinois.

    De la s’explique que la colonisation ne laisse pas derrière elle les mêmes dégâts  de rapport « maître et esclave ». Ces dégâts qui courent encore dans trop de pays actuellement.

    Pour asseoir le paternalisme en second, il faut conjugaison d’un terrain laissé en friche, d’un sentiment fort de supériorité, autant culturelle que technologique et religieuse.

    Un exemple : l’Art Khmer longtemps décrié, encore trop méconnu quant à sa valeur historique, culturelle et sociale, n’a trouvé sa reconnaissance que dans le début des années 1930 et ce pour être pillé. N’oublions pas que Malraux, responsable de ce délit grave en 1923, sortit indemne de sa condamnation à deux ans de prisons ! Le musé Guillemet à Paris, lors de l’exposition Khmer 97-98, qui faillit ne pas voir le jour, prêta 47 œuvres khmer pour 64 par le Cambodge. Comment ne pas s’interroger sur cette forme d’affirmation de notre droit à détenir autant d’œuvres sur notre sol, d’œuvres faisant partie intégrante de l’histoire de pays que l’on a spoliés et que l’on contemple du haut de notre supériorité, si ce n’est de notre condescendance.

    Comment ne pas s’interroger sur ce phénomène de la fin du vingtième siècle qui voit reconnaître enfin la grandeur de civilisations anciennes dans nos ex-colonies, et dans le même temps déconsidérer leurs civilisation d’aujourd’hui ? N’est-ce pas le même homme, la même femme ? Les mêmes artistes, doués donc des mêmes capacités, des mêmes traditions culturelles?

    Ce qui est intervenu entre les deux, pour faire court, n’est pas autre chose que l’asservissement et la pauvreté, qui eux retirent la confiance, et l’affirmation possible de leurs capacités réelles.

    L’ancien colonisateur ne sort plus de son schéma, imprégné d’un sentiment de supériorité et l’ex-colonisé oscille entre un sentiment d’infériorité, et l’attrait de la ressemblance pour être enfin reconnu.

    Qui peut répondre aujourd’hui de ce que ces civilisations seraient devenues sans le passage sur de longues années des pays d’Occidents ?

    Qui peut affirmer aujourd’hui le positif apporté, puisqu’en leur donnant des routes ou des écoles.. nous leur avons retiré l’essence même de leur culture, de leur âme.

    Que leur reste-t-il aujourd’hui que de se battre pour se nourrir, et nous savons que dans la pyramide des besoins le stade recherche de la nourriture ne peut induire la création.

    Je citerai un exemple concret du modèle paternaliste et pervers qui perdure  aujourd’hui, et qui va à l’encontre d’aider ces civilisations à s’affirmer, et retrouver leur richesse culturelle.

    « Anne Charlotte » est expatriée depuis des années sur le sol de Singapour, fausse artiste à ces heures entre des ordres qu’elle dicte à sa maid (bonne à tout faire). Elle s’invente peintre sur des laques Birmanes, façonne des bougies sur un modèle Vietnamien. Elle part dans ces pays, loge, bien entendue, dans un grand hôtel aseptisé, mais se targue d’aller à la rencontre et de faire connaître ces femmes Birmanes ou Vietnamiennes qui, elles, travaillent 12 heures par jour et créent comme de vraies artistes.

    Ces femmes vendent leurs œuvres, sur le sol de leur pays, entre 25c et 50c à Anne Charlotte, Cette dernière les revend 10 dollars sur le sol de Singapour ! Mais dit-elle : elle véhicule leur art, mais dit-elle : elle leur permet de travailler ! Non elle les spolie bel et bien ! Il n’existe point d’échange entre deux formes d’art.  Anne Charlotte expose aussi « ses œuvres » entachés d’exotisme devant des occidentaux  qui s’extasient, méconnaissant le plus souvent leur origine !

    Connaît-elle profondément leur création : non !

    Des Anne Charlotte, il en existe des milliers aujourd’hui, nouvelle forme de colonialisme de l’Asie, l’Afrique et L’Amérique du Sud.

    Dame patronnesse d’Occident, plus perverses que les missionnaires d’hier. Leur aveuglement, lié à l’affirmation de leurs idées religieuses, politiques et sociales, va de pair avec le désir d’imposer leur schéma à ces pays.

    Un moyen de résister et d’aider à reconnaître les cultures ancestrales et riches, d’Asie, Afrique , Amérique, est de ne pas oublier cette évidence :

    Notre enveloppe n’est rien, elle peut varier dans son apparence et ses expressions, mais le fond de l’être humain reste le même. Il nous appartient de laisser nos croyances pour aborder la différence sans jugement.

    Le chemin vers l’autre, dans l’espace de similitudes basé sur l’essence même de la vie, laisse la place à l’écoute. Une écoute qui s’ouvre pleine et entière sur la compréhension et l’apprentissage de la richesse culturelle de l’autre avec humilité.

    WHEN COLONISATION IMPERSONATES

    They called themselves missionaries, their crusades finding, by means of religion, a driving force to kill, convert and enslave, in order to establish power and money. The church and the State together, found the path of colonisation.

    From these missionaries, derived the appropriation on the nation they considered, inferior.

    A significant aside :

    The convinced ones, did exist, stating as example, the Jesuits at the court of Peking, and answerable of the remark on Art, as a communication tool: “they were more successful than the “Vicentins” in their cultural indoctrination, by employing arts, sciences, and technology in the imperial court” (the Vicentine encyclopaedia)

    One of the reasons of expulsion, by China, of the last missionaries, arises from the  observation that Westerner’s progress, no longer impressed the Chinese. Hence the explanation that colonisation, doesn’t leave behind the same “wrong” in “master and slave relationship”. Wrong, still actually circulating, in far too many countries.

    To establish the paternalism as second, needs conjugation of a fallow field, a strong feeling of superiority, as much cultural, as technological and religious.

    An example: Khmer Art, has, for a long time been brought down, too little known in regards to it’s historical, cultural and social value, not finding recognition before the early thirties and only to be looted. And not forgetting Malraux, responsible for this serious offence in 1923, found guilty, only to get off lightly with, a two year imprisonment ! The Guillemet museum in Paris, at the time of the Khmer exposition 97-98, which almost didn’t occur, lent 47 Khmer works for 64 by Cambodia.

    How to not question this kind of affirmation, on the right to keep in hold, on our territory, so many oeuvres which are an integral part of history of a country we have despoiled, and which we contemplate from the hight of our superiority, if not our condescension.

    How can we not question ourselves on this phenomenon of the late twentieth century which, recognises, at last, the greatness of ancient civilisations, in our ex colonies and, at the same time, disregard their today’s civilisations ? Is it not the same man, the same woman? The same artists, doted with the same capacities, the same cultural traditions? In brief, that which stepped in between, is nothing other than enslavement and poverty both of which, take away confidence and a possible affirmation of their real capacities.

    Yesterday’s colonialist, cannot break away from it’s schema, impregnated with a sentiment of superiority, while the ex colonised, oscillates between a sentiment of inferiority and the lure of resemblance, to be at last, recognised. Today, who can account for the outcome of these civilisations, had the passage of Occidental countries, over the last many years, not occurred ?

    Who, today, can affirm the positive, brought in giving them roads or schools, for, in doing so, we have taken from them, the very essence of their culture, their soul.

    What do they have left, today, but a struggle in finding nourishment, knowing that, in the pyramid of needs, the state of “search for nourishment”, induces creation.

    I will give a concrete example of a paternalist pervert model, perdurable, going against helping these civilisations to, affirm themselves and to find, once more, their cultural wealth.

    “Anne Charlotte” is an expatriate, living in Singapore for many years and, considers herself,an artist, when it suits her, in between giving orders to her maid (who does all).  She invents herself, a painter, on Burmese lacquers, makes candles based on a Vietnamese model.

    She travels to these countries and, of course, stays in the best sanitised hotels, but prides herself in making known these Burmese and Vietnamese women she goes to meet and who, work 12 hours a day, creating as veritable artists. These women sell their oeuvres from where they live, between 25 and 50 centimes, to Anne Charlotte who, resells them for 10 dollars in Singapore! But, she says: vehicles their art and, in doing so, allows them to work ! No, she quite simply despoils them! Their being no exchange, between two forms of art. Anne Charlotte also, exposes “ her art”, tainted by exoticism, to westerners, the majority of who, do not know their origin !

    Does she sincerely know of their creation: no !

    There are thousands of people like Anne Charlotte, existing today, a new form of, Asian African and South American colonialism.

    The occidental Lady patroness, even more perverse than were yesterday’s missionaries. Their blindness, blended with the affirmation of their religious, political and social ideas, hand in hand with the desire to impose their schema to these countries.

    A way of resisting and helping to recognise their rich, ancestral cultures of Asia, Africa and South America, is to not forget this evidence: Our envelope is nothing, it can vary in it’s appearance and expressions but the base of the human being, remains the same. It’s up to us to leave aside our beliefs to approach difference, without judgement.

    The path towards the other, within the sphere of similarity, based on the essence of life allows, “listening”, A listening based entirely on comprehension and apprenticeship of the other’s cultural wealth, with humility.

    .


    Incident Technique

    janvier 18th, 2011

    IMG_0998, HimalayasIl arrive parfois que la technique vienne contrarier le plaisir d’écrire. Un incident de taille qui ne m’a pas laissée libre, pendant un temps trop long, de continuer mes articles. Alors à tout ceux qui me suivaient et que je remercie encore , je veux exprimer mes excuses et aussi mes voeux sincères de réussite et d’instants merveilleux . Instants, car je ne saurais être chose que sincère et quoi demander de plus que des instants heureux pour remplir une nouvelle année.

    En attendant de vous retrouver bientot, je laisse ce petit message qui en appellera d’autres.


    MICHEL ANGE, LA CHAPELLE SIXTINE

    octobre 27th, 2010

    h-4-1021283, chapelle sixtineIl existe au plafond de la chapelle Sixtine la main de Dieu forte et racée qui impose la lumière pour enfanter Adam. Poigne puissante, aux doigts qui s’oublient dans les nœuds de leurs muscles, elle subjugue le passant qui se perd dans sa beauté.

    Nonchalant et triste, d’un regard alanguit, Adam hésite au bord des doigts qui se prolongent vers un touché pas tout à fait aboutit.

    Des mains qui expriment plus encore qu’un visage : un nerf s’est fait sillon pour creuser d’émotion une paume enroulée. Un poignet se casse, incrustant dans la douceur d’un bras tendu la magnificence de la création.

    Père qu’un fils aurait perdu, chaque parcelle de deux index qui se cherchent, éloigne et  relie un amour indécis.

    Peinture comme une sculpture emprunte de réalité, elle oscille entre le velouté de la peau et la grâce merveilleuse d’un corps effleuré.

    Sur le chemin de la découverte, envoûté par le mouvement au delà de la peinture, on s’interroge sur le mystère de ces phalanges inspirées de religion.

    Génèse qui suinte de féminité, l’art  transpose sa parole à la pointe de deux bras qui se reconnaissent sans s’attacher.

    Ressentir, sentir et se perdre dans l’extraordinaire de courbes indéfinissables pour ne jamais vraiment savoir dans l’humain qui de l’homme ou de la femme a inspiré le maître.


    la sagesse pour déjouer la spirale de la haine.

    août 1st, 2010

    photo australieQui n’a jamais subi son impact afin d’éloigner la souffrance ? La haine ne peut s’ignorer puisqu’elle demeure un moteur puissant afin de se débarrasser dans l’instant de douleurs trop intenses. La répétition d’angoisses, liées à l’incapacité de sortir d’une situation pesante, mène le plus souvent à la haine comme issue de secours temporaire.

    Qui ne l’a pas connue ne peut être tout à fait honnête ou sans doute a-t-il eu la chance de parcourir sa vie sans trop d’épreuves.

    Reste que le choix, comme l’ont prouvé Martin Luther King, Gandhi et d’autres, de s’orienter vers la non-violence pour résoudre les conséquences d’un fonctionnement de société devenu intolérable, est possible et sage.

    Mais ces hommes aujourd’hui sont-ils capables d’exister ? Peut-il émerger de l’Occident un être qui réunirait les plus pauvres, les plus démunis, pour les canaliser et leur donner la force de croire en un avenir meilleur, gagné dans le calme et la non-violence ?

    Ces hommes sont nés avant tout dans un monde spirituel, ils étaient eux-mêmes imprégnés par lui, voire par une religion précise. Le recours à la haine est probablement incontournable dans le cas du néant quant aux questions existentielles.

    L’être humain trouve difficilement un chemin sans violence si il n’existe aucune forme de sécurité quant aux réponses sur la vie et la mort. Celles qui donnent la confiance en demain. Oui, le  « rien devant soit », quand le présent est trop éprouvant, dénué de « beautés » et de spirituel,  aboutit inévitablement à la violence .

    La France n’est-il pas un des rares pays à avoir perdu dans le même temps sa raison sociale d’exister et sa spiritualité ? Elle s’est mise dangereusement en insécurité et la haine monte sans qu’il surgisse quelque part un palliatif. Une insécurité liée à la non-réponse aux questions et aux épreuves qui s’imposent à elle. La mort n’a plus de sens quand elle est synonyme de négation de tout, par répercussion la vie non plus, à plus forte raison si la confiance d’avoir de quoi se nourrir demain disparaît.

    Quel est cet orgueil qui lui a laissé croire qu’elle allait trouver la  » sagesse  » et la paix dans la laïcité, voire l’athéisme, et la démocratie ?

    L’Art, par le passé, générait le rêve profond, le beau qui équilibre la laideur, il a disparu dans « l’objet » ne lui donnant aucune âme. Que reste-t-il alors pour lutter contre l’angoisse démesurée d’un avenir plus qu’incertain, et vide de sens, sans que « le mal », qui fait partie de l’être humain, surgisse dans toute son horreur ?

    Il aurait pu y avoir la philosophie, mais elle a bel et bien quitté le cœur de notre société. Et quand on fait appel à elle , elle s’est pervertie d’intellectualisme appris, quand elle reste depuis toujours un état d’être avant tout.

    « Un Sage »  n’existera pas, ou si il existe il sera lunché, car trop peu serait prêt à l’entendre.L’être humain n’est pas encore assez évolué pour savoir équilibrer ses forces entre le bien et le mal, sans passer par des réponses spirituelles.

    Le constat fait du recours à la haine, comme moyen de transcender la souffrance, devrait montrer l’urgence de se tourner vers ces trois concepts, mais n’est ce pas déjà trop tard ?

    Monte alors la bonne vieille lutte, primaire, irréfléchie, meurtrière, des extrêmes qui s’affirment et s’affrontent, plus du tout des humains, juste des loups, voire pire que des loups, prêts à se dévorer entre eux, sans pitié, ne se reconnaissant plus  frères au regard de la vie.


     » DAME HASARD « 

    juin 20th, 2010

    P1010306 » Dame hasard « , tu nous surprends, nous déroutes, et imposes tes conséquences sans nous laisser libre de t’éviter. Quand tu es « rencontre », tu ouvres tes portes pour un parcours où s’imbriquent sans l’avoir voulu deux personnages qui ne savent pas qu’ils devaient se trouver. Jours après jours, le trajet que tu as enclenché trouve ses respirations pour que la connaissance s’installe entre surprise, et interpellation des raisons de ton existence.

    « Dame  hasard » tu ne te livres pas totalement, tu entretiens ton mystère quand tu restes une entité purement terre à terre et sans charme. La découverte de ta puissance incontournable, qui ne se révèle qu’au delà de tes conséquences, t’ôte le pouvoir dont tu te veux investi. Tu deviens porteuse de toutes les excuses, assommée des responsabilités que nous fuyons. Tour à tour, tu es cadeau ou poison, aveugle que nous sommes, au temps de ta naissance, à réaliser d’où provient ton évidence. Quand « destin » veut  transformer ton nom, tu te bats avec lui  afin de ne jamais abandonner ton jardin secret.

    Un jour pourtant, tu t’illumines de vérités qui embellissent ta parure pour que s’incliner sur ta main soit le plus doux des maux dans un ultime Adieu.


    L’AGE MUR ! un silence comme celui de 40 000 autres.

    mai 13th, 2010

    L'Age Mûr, Camille Claudel !

    L'Age Mûr, Camille Claudel !

    Souffrance, passion, amour, et la violence du vide qui détache les mains pour que la pureté d’un sentiment existe au coeur de la création. À genoux, un visage, un regard, une ligne et deux êtres si loin. Elle transcende, Elle sent, Elle vibre, Elle vit , Elle : Camille !

    Nous a-t-Elle parlé , a-t-Elle laissé derrière Elle autre chose qu’une lettre qui implore, une lettre où les mots hurlent avec respect, et loin de la folie, ce que 40 000 autres ont dû hurler aussi avant de mourir de faim dans le rejet et la déchéance des hôtipaux psychiatriques ? Vichy, Pétain, les moutons …

    Elle s’appelait Camille !

    Elle s’entend encore si on écoute en silence un bronze qui transpire ses paroles. Son parfum se respire  dans le sol souillé de l’asile qui a caché sa mort si ce n’est sa folie jamais prouvée.

    Folie qui es-tu ? quand doit-on t’enfermer loin de ceux qui s’enlisent dans un moule de douceur primaire, loin des nuances de l’art.

    Folie tu génères la création quand tu habites la fragilité de l’être. François Villon, Mozart, Baudelaire, Van Gogh . Passion, folie, douce, grave, violente, calme …Quand s’affirme-t-elle comme force d’inspiration ou au contraire comme obstacle à cette dernière ? Tant de psychanalystes s’y sont confrontés et s’acharnent encore. Alors pourquoi ne se taisent-ils pas, tous ces autres qui s’expriment en hommage à Camille, dont les cris sont restés inaudibles ?

    A-t-elle le droit au respect de n’avoir jamais pu révéler sa vérité, ce respect qui demande le silence dans la décence de la méconnaissance ?

    Qui n’a jamais été tenté par la spirale de la folie, qui attire dans son lit douillet, n’a pas connu la souffrance, celle qui hurle et trouve sa rédemption dans la création afin de laisser derrière elle ses plus belles œuvres.

    Entendez Camille dans la force de ses sculptures, mais n’écoutez pas des paroles qui ne pourront plus être les siennes. Il est trop tard, sauf pour admirer ce que ses années de passion, de sensibilité et de souffrance, ont laissé après Elle pour toujours .


    FACTEUR

    avril 19th, 2010

    MyPicture-1 Qu’est devenu le facteur : celui qui provoquait les cris du chien à la porte du perron . Celui qui soulevait son  béret, quand ses mollets noueux acceptaient le repos auprès du café de la ménagère. Qu’est devenu le  facteur  qui transportait nos mots, nos rêves, vers les mains fébriles de ceux qui les attendaient. Qu’est  devenu le  facteur qui traversait vent et marée, afin qu’un papier couvert d’encre trouve sa destiné. Qu’est  devenu  le  facteur qui lisait dans les regards ce que le secret de l’enveloppe ne lui révélait jamais. Qu’est  devenu le  facteur, quand il se réincarnait en Mermoz, Saint Exupéry, pour qu’une missive voyage dans le vent  au  dessus des mers et des déserts. Qu’est devenu le facteur qui s’effleurait de mille baisers quand l’Amour  passait par ses mains.

    Il s’est envolé dans un dernier soupir, il est resté quelque part entre les dunes, emportant pour toujours le mystère de ce don de vie, pour quelques mots tracés. Facteur tu n’es plus, tu as laissé ton âme à tout jamais: la magie a disparu en même temps que la beauté d’un trait de plume. La distance n’a plus le parfum de l’aventure, quand les phrases se tordaient maintes fois, avant de se laisser porter sur les ailes du désir. La distance n’a plus la sagesse des mots qui se relisent encore et encore, afin d’être rassuré de les vouloir tenus par des mains choisies. La distance est morte, comme un pont sans rivière qui s’efface pour souder les rives, rayant à tout jamais l’espace qui offrait l’imaginaire.

    Une lettre, un jour, comme un parchemin retrouvé racontera encore ce que l’écriture portait au-delà des mots, quand le facteur se surveillait derrière un pan de rideaux au coin de la vitre.