04 O Come O Come Emmanuel
De la part de tous les enfants de Son Holinesse, le plus savant et le plus philosophe de tous les Dalai Lama. En remerciement de nous avoir tous protégés; les enfants vont vous raconter un conte tout doux parce que leur mère les a fait trembler une dernière fois .
Chut !!!
Suivez moi sans bruit car la nuit, c’est pour tous les enfants qui souffrent et qui se réfugient pieds nus dans la douceur de la sécurité.
Vous savez les enfants , je voudrais vous demander pardon : pardon de ne pas avoir su vous protéger et de vous avoir donné de la violence et des larmes . Mais vous savez les enfants, moi aussi je ne suis pas très sage : un tout minuscule holiness qui ne mérite pas de majuscule et née tout juste depuis six ans.
C’est pour ca que j’ai fait des bêtises ce soir et que j’ai tout fait à l’envers de ce que j’avais écrit de sage.
C’est pour ca que mes enfants, ils ont eu mal, mais je leur ai dit pardon d’être redevenue leur maman d’avant qui crie et pleure .
Vous savez quoi : j’étais si fatigué et j’avais eu si peur que je n’ai pas su les protéger , parce que j’ai cru que je pourrais tout faire et j’ai eu des rêves trop grands. Alors j’ai retenu une grande lecon que je vais vous confier :
Il ne faut jamais avoir des rêves trop grands , c’est comme un chateau de carte, si vous voulez le monter trop haut, il s’écroule !
Mais vous ne m’en voulez pas de vous avoir fait rêver de l’impossible , chut …écoutez le chant d’Israel comme la berceuse que vous n’avez pas eu et promis je vous raconterais un jour son histoire :
je serais pardonnée de ne vous offrir que Notre Dame de Rouen. C’est beau aussi Notre Dame de Rouen et mon grand fils, il m’a dit qu’il pourrait peut-être venir avec son film , je ne vous promets rien parce qu’il habite très loin, très très loin , mais la , on a le droit de rêver et vous savez pourquoi ?
Chut… une histoire murmurre dans vos oreilles :
il était une fois un immense fleuve translucide et pur qui s’appele Le Gange. Il part de très haut, très haut dans la montagne et ma grande fille, elle a fait comme nous ce soir : elle est montée très haut, très haut , loin de son Papa et de sa Maman qui étaient séparés. La nuit, elle a eu très froid et le matin elle s’est baigné dans l’eau toute gelée avec des gros glacons et vous savez pourquoi : elle voulait être sur d’être seule pour s’immerger à sa source, là où l’eau est translucide . La pauvre, elle a attrappé une grosse ottite.
Alors son frère, il a fait un film pour que sa soeur ne soit plus jamais malade et qu’elle se baigne là où la chaleur réchauffe les coeurs brisés.
Un film où son ami , la bas en Nouvelle Zélande, a mis toute son inspiration parce que lui aussi il avait eu froid dans les grandes montagnes.
Ce film, les enfants, il vous caresse les yeux et vous envelope des chants de l’Orient et de L’Occident. Ils sont venus de partout pour habiter sur des petits bateaux qui glissent entre les berges colorées de mille vies. Les cameras se sont faites discrêtes pour laisser les saris s’enrouler sur la beauté des voix.
Fermer les yeux très fort et je sais que vous entendrez la musique du cythare qui vous dira tout bientot.
Chuttt… : ils dorment enfin car j’ai besoin de m’incliner devant son Holiness pour lui dire combien je me sens responsable d’avoir fait trembler sa terre et combien je lui demande pardon . Ce soir, j’ai fait comme lui dans son monastère du toit du monde .
Assise sur un pouf pakistanais devant la cheminée du nord de l’inde, où brule encore les restes de l’erreur qui a fait mal à mes enfants , Saint exupéry m’a inspiré et Laurence d’Arabie m’a dit le reste :
J’ai brulé mon Chech qui m’avait protégé dans les dunes du Sultana d’Homan, comme un symbole de bruler la violence de Laurence D’Arabie car lui aussi avait vu trop grand.
Peut-être qu’il avait trop souvent refusé de répondre à ce qui se cachait dans la boite et qui n’est pas un mouton.
Parfois les adultes, quand ils sont durs et enfermés, ils peuvent quand même avoir des choses à dire, je l’ai appris aujourd’hui .
Aujourd’hui où j’ai compris qu’une mère protége ses enfants comme sa chair mais qu’elle reste faible aussi et que son épuisement allait forcément la faire chuter . Ce n’est pas son role de se battre, c’est aux hommes de le faire et pourtant dans mon blog, j’avais su faire la lecon à toutes ses mères divorcés qui croient qu’elles peuvent diriger le monde alors qu’elles ont détruit leur couple et leurs enfants. J’avais dis aussi de suivre : responsabilité, liberté ,comme sur les murs de Paris un jour , ceux qui sont autorisés. J’ai oublié que je n’avais que six ans.
Cette nuit où j’écris, j’ai déposé dans une coupe du triangle d’or , les sables de tous mes déserts traversés, ceux que je gardais précieusement depuis toujours. J’ai dessiné les dunes avec le pinceau du Sumi-e et j’ai fait résonné très fort le bol à méditation , si fort, que le son a ricoché sur le monastère de la vallée mystèrieuse, cachée dans son écrin magique.
J’ai entendu les enfants me répondre : un concert de flutes si légères, comme un bébé bambous qui raconte sa musique dans des yeux éclatants et rieurs.
Puis j’ai levé mon visage vers la fenêtre immense qui surplombe la vallée de la Seine et j’ai su qu’il m’avait pardonnée :
La lune et les étoiles brillent de mille feux ! comme le soleil cet après midi quand il m’a ébloui si fort :
debout dans le jardin , épuisée et en larmes d’avoir perdu ma fille pour protéger de la peur les enfants du monde entier.
C’est à genoux que je suis tombée dans l’herbe encore mouillée des pluies violentes , à genoux devant son Holiness, comme le symbole de la liberté !
Plus jamais n’existera dans ma vie de six ans, d’oublier que l’entre deux est humilité.
Mais je sais que dans l’humilité, ma solitude et ma faiblesse de femme trouvera sur son chemin celui qui la protégera, sans se réclamer de lui, mais avec la confiance qu’un repos long et sage lui apportera.
Mes larmes coulent encore mais douces et merveilleuses , apaisée enfin dans le giron des grands, si chargé d’émotion qu’au coin de la porte de bois, les bougies, et les bambous, vascillent d’une lueur qui reveille les ombres !
Celle enfin de mon repos .
Merci de vos milliers de pensées qui ont résonné si longtemps qu’elles peuvent se coucher dans le silence du premier oiseau qui chante sur le jour qui se lève !