Ils se sont appelés missionnaires, leurs croisades trouvaient dans la religion un moteur pour tuer, pour convertir, pour asservir, afin d’asseoir pouvoir et argent. L’église et l’Etat trouvaient ensemble le chemin de la colonisation.
De ces missionnaires naissait bel et bien la main mise sur des peuples qu’ils considéraient comme inférieurs.
Un aparté significatif :
Il existait des convaincus, citons en exemple les Jésuites à la cour de Pékin qui n’est pas sans poser ce constat sur l’Art comme outil de communication: « ils ont mieux réussi que les Vicentins dans leur endoctrinement culturel par l’emploi des arts, des sciences et de la technologie auprès de la cour impériale » (encyclopédie Vicentine)
L’expulsion par la Chine des derniers missionnaires vient entre autres choses du constat que les progrès de l’occident n’impressionnaient plus les Chinois.
De la s’explique que la colonisation ne laisse pas derrière elle les mêmes dégâts de rapport « maître et esclave ». Ces dégâts qui courent encore dans trop de pays actuellement.
Pour asseoir le paternalisme en second, il faut conjugaison d’un terrain laissé en friche, d’un sentiment fort de supériorité autant culturelle que technologique et religieux.
Un exemple : l’Art Khmer longtemps décrié, encore trop méconnu quant à sa valeur historique, culturelle et sociale, n’a trouvé sa reconnaissance que dans le début des années 1930 et ce pour être pillé. N’oublions pas que Malraux, responsable de ce délit grave en 1923, sortit indemne de sa condamnation à deux ans de prisons ! Le musé Guillemet à Paris, lors de l’exposition Khmer 97-98, qui faillit ne pas voir le jour, prêta 47 œuvres khmer pour 64 par le Cambodge. Comment ne pas s’interroger sur cette forme d’affirmation de notre droit à détenir autant d’œuvres sur notre sol, d’œuvres faisant partie intégrante de l’histoire de pays que l’on a spolié et que l’on contemple du haut de notre supériorité, si ce n’est de notre condescendance.
Comment ne pas s’interroger sur ce phénomène de la fin du vingtième siècle qui voit reconnaître enfin la grandeur de civilisations anciennes dans nos ex-colonies et dans le même temps déconsidérer leurs civilisations d’aujourd’hui ? N’est-ce pas le même homme, la même femme ? Les mêmes artistes doués donc des mêmes capacités, des mêmes traditions culturelles?
Ce qui est intervenu entre les deux, pour faire court, n’est pas autre chose que l’asservissement et la pauvreté qui eux retirent la confiance, et l’affirmation possible de leurs capacités réelles.
L’ancien colonisateur ne sort plus de son schéma, imprégné d’un sentiment de supériorité et l’ex-colonisé oscille entre un sentiment d’infériorité et l’attrait de la ressemblance pour être enfin reconnu.
Qui peut répondre aujourd’hui de ce que ces civilisations seraient devenues sans le passage sur de longues années des pays d’occidents ?
Qui peut affirmer aujourd’hui le positif apporté, puisqu’en leurs donnant des routes où des écoles.. nous leur avons retiré l’essence même de leur culture, de leur âme.
Que leur reste-t-il aujourd’hui que de se battre pour se nourrir et nous savons que dans la pyramide des besoins le stade recherche de la nourriture ne peut induire la création.
Je citerai un exemple concret du modèle paternaliste et pervers qui perdure aujourd’hui et qui va à l’encontre d’aider ces civilisations à s’affirmer et retrouver leur richesse culturelle.
« Anne Charlotte » est expatriée depuis des années sur le sol de Singapour, fausse artiste à ces heures entre des ordres qu’elle dicte à sa maid (bonne à tout faire). Elle s’invente peintre sur des laques Birmanes, façonne des bougies sur un modèle Vietnamien. Elle part dans ces pays, loge, bien entendue, dans un grand hôtel aseptisé, mais se targue d’aller à la rencontre et de faire connaître ces femmes Birmanes ou Vietnamiennes qui elles travaillent 12 heures par jour et créent comme de vraies artistes.
Ces femmes vendent leurs œuvres, sur le sol de leur pays, entre 25c et 50c à Anne Charlotte, Cette dernière les revend 10 dollars sur le sol de Singapour ! Mais dit-elle : elle véhicule leur art, mais dit-elle : elle leur permet de travailler ! Non elle les spolie bel et bien ! Il n’existe point d’échange entre deux formes d’art. Anne Charlotte expose aussi « ses œuvres » entachés d’exotisme devant des occidentaux qui s’extasient, méconnaissant le plus souvent leur origine !
Connaît-elle profondément leur création : non !
Des Anne Charlotte, il en existe des centaines aujourd’hui, nouvelle forme de colonialisme de l’Asie, l’Afrique et L’Amérique du Sud.
Dame patronnesse d’occident, aujourd’hui plus perverses que les missionnaires d’hier. Leur aveuglement lié à l’affirmation de leurs idées religieuses, politiques et sociales va de pair avec le désir d’imposer leur schéma à ces pays.
Un moyen de résister et d’aider à reconnaître les cultures ancestrales et riches, d’Asie, Afrique , Amérique, est de ne pas oublier cette évidence :
Notre enveloppe est celle de la marionnette, elle peut être multiple dans son apparence et ses expressions cependant la main et le cœur qui l’animent reste toujours les mêmes !
Le chemin vers l’autre, dans cet espace de similitudes basé sur l’essence même de la vie, laisse la place à l’écoute. Une écoute qui s’ouvre pleine et entière sur la compréhension et l’apprentissage de la richesse culturelle de l’autre avec humilité.
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